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Engie, Suez, Veolia, Engie fait monter les enchères sur Suez

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Engie fait monter les enchères sur Suez

Sans fermer la porte au projet d’acquisition présenté par Veolia, le groupe énergétique estime que l'offre sous-valorise Suez.
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Après le "non" de Suez et le "oui mais" du gouvernement, voici le "pas assez" d’Engie. Sur BFM Business ce matin, Jean-Pierre Clamadieu, le président du conseil de surveillance du groupe énergétique (qui détient 32% du capital du numéro deux mondial du traitement de l’eau et des déchets), a poliment reconnu les mérites de l’approche de Veolia, tout en indiquant fermement que le compte n’y était pas.

Veolia propose à Engie 15,50 euros par action pour 29,9% du capital de Suez (soit 2,9 milliards d’euros) et prévoit ensuite de lancer une offre publique d’achat sur le solde pour créer un "grand champion mondial français de la transformation écologique" (sachant que Veolia est déjà le numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets).

En effet, si le prix proposé par le prétendant représente une prime de 50% par rapport au cours de l’action Suez le 30 juillet (la veille du jour où Engie a déclaré qu’il envisageait tous les scénarios possibles pour l’avenir de sa participation), il se situe au même niveau que l’action début mars – avant les mesures de confinement liées à la pandémie – et reste inférieur à son sommet de l’année atteint le 21 février (15,90 euros à la clôture).

"Il faut que nous refassions une valorisation de Suez. Aujourd’hui, notre vision est que la valeur de Suez est plus importante que la base de cette discussion. […] Je suis persuadé que s’il était amené à lancer une OPA, elle serait forcément à un prix différent de l’offre qu’il nous a faite. Je veux dire supérieure", a affirmé Jean-Pierre Clamadieu. Autre point d’achoppement, les 500 millions d’euros de synergies promises par Veolia : "La manière dont ces synergies sont partagées entre les actionnaires de Suez, entre Engie et Veolia. Là je pense qu’il y a un vrai sujet", a-t-il poursuivi.

Le patron d’Engie ne ferme toutefois pas la porte. Il a ainsi reconnu les "éléments attractifs" de l’offre de Veolia, notamment sa "rapidité" et sa "simplicité".

Mais histoire d’accentuer la pression sur Veolia pour qu’il rehausse son offre, Jean-Pierre Clamadieu s’est indirectement dit prêt à étudier toute proposition alternative qui pourrait émaner d’autres candidats – allusion possible au contre-projet prêté à Suez pour racheter les 32% de son actionnaire. Veolia comme tout candidat sont donc invités à (re)venir avec un nouveau projet, pourvu que ce soit un projet "industriel" de "qualité" et qu’il se fasse dans le "respect des parties prenantes" – sous-entendu Suez, qui reproche à Veolia de ne pas l’avoir impliqué du tout lors des discussions préliminaires avec Engie et de présenter un projet qui aboutirait à son démantèlement, puisque ses activités Eau en France seraient vendues au fonds d’infrastructures Meridiam pour éviter que l’opération ne soit retoquée par les autorités de la concurrence.

Jean-Pierre Clamadieu a d’ailleurs lui aussi souligné qu'il était nécessaire de mesurer les conséquences du projet de Veolia pour le secteur de l'eau en France. Une façon de se placer sur la même longueur d’onde que l’Etat : le Premier ministre Jean Castex a déclaré que l’opération "fait sens" mais qu’elle devait se faire sans "que ça puisse créer des monopoles, notamment dans le secteur de l'eau et de l'assainissement".

Ces déclarations auront de quoi faire travailler les nombreux conseils qui œuvrent aux côtés des protagonistes. Mais il semble que les investisseurs croient peu à l’émergence d’une offre concurrente sur Suez : depuis l'officialisation de celle-ci dimanche dernier, l’action n’a jamais clos au-dessus des 15,50 euros. Encore aujourd’hui, elle se négociait à 15,08 euros vers 16h30 à la Bourse de Paris. Plusieurs analystes (notamment de Barclays et Alphavalue) abondent dans ce sens. Ils estiment que le prix proposé par Veolia suppose un PER pré-synergies de 23 fois les bénéfices estimés de Suez en 2021 et de 22 fois en 2022 - des niveaux supérieurs à ses moyennes historiques.

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