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Macro-économie / Taux / taux d'usure / Banque de France / courtier

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taux d'usure / Banque de France / courtier

Le taux d'usure s'adapte finalement à la crise / La Banque de France vient d'en annoncer la mensualisation

La Banque de France aura fini par entendre la complainte des courtiers et va procéder à une mensualisation du taux d’usure, sa recommandation en ce sens ayant été approuvée par Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie. Cette mesure provisoire entrera en vigueur à compter du 1er février et durera a minima jusqu’au 1er juillet. 

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. La Banque de France reste ainsi ferme sur la question du taux d’usure, la problématique rencontrée actuellement n’est pas due au mode de calcul de ce dernier mais bien à la vitesse du resserrement monétaire. L’annonce de ce matin insiste sur le caractère provisoire d’une mesure qui doit permettre de ne pas entraver la dynamique du crédit immobilier. Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie a motivé sa décision d’appliquer la recommandation de la Banque de France par un "accès au crédit [qui] est au cœur de notre pacte social en ce qu’il permet l’accès à la propriété. En tant que ministre des Finances, mon devoir est de m’assurer que le taux d’usure permette de protéger sans exclure les emprunteurs de l’accès au crédit."

Un changement de ton est cependant à noter du côté de la Banque de France ; cette dernière restait assez optimiste dans ses derniers points presse. Une attitude en partie due, rappelons-le, à une mesure très fine de l’état du crédit immobilier, puisque l’institution dirigée par François Villeroy de Galhau récolte l’ensemble des données dès la signature d'un accord de crédit immobilier dans l’Hexagone. Elle n’est donc pas obligée d’attendre d’enregistrer tout ou une partie des décaissements pour en tirer des projections.

 

À moitié plein

 

Les courtiers n’auront ainsi peut-être pas fait définitivement changer le taux d’usure, eux qui estimaient qu’il fallait agir pour "la survie de l’écosystème immobilier"  dans une lettre ouverte destinée à Olivier Klein, le ministre du logement. Néanmoins ils ont été entendus sur leur "constat de Français découragés qui, depuis le 1er janvier 2022, renoncent purement et simplement à demander un prêt", la Banque de France reconnaissant "que certains dossiers, dans l’attente de la prochaine hausse trimestrielle significative du taux d’usure, sont ainsi reportés au début du trimestre suivant." Un phénomène d’effet de seuil effectivement à même de décourager les ménages hexagonaux dans leur projet immobilier.

Proche de ses records mais en baisse, voilà le drôle de paysage du crédit immobilier français lors des douze derniers mois. La Banque de France acte donc de la mensualisation temporaire du taux d’usure alors même qu’elle argue que " les banques ont continué ces derniers mois à servir les emprunteurs de toutes classes d'âge, de revenu et ce pour tous les motifs d'acquisition, confirmant l'absence de blocage du marché".

Certes les taux d’usure ont été relevés à plusieurs reprises pour refléter "la hausse des taux des prêts pratiqués par les établissements de crédit", il n’en reste pas moins que la production de nouveaux crédits immobiliers sur l’année écoulée demeure très élevée, 2021 étant considérée unanimement comme une "exception historique" pour un total "estimé à 218 milliards d’euros ".

 

Figure de proue du Vieux continent

 

La situation dans l’Hexagone reste toujours aussi favorable relativement à ses voisins européens, qui peuvent de leur côté subir de plein fouet leur exposition à des taux variables. De quoi tuer dans l’œuf toute production de crédit immobilier. La Banque de France se targue ainsi qu’au sein du "mouvement général de remontée des taux en Europe, le crédit immobilier est en France le plus abondant, le moins cher et le plus sûr des grands pays européens."

Une situation qui continuera néanmoins d’être scrutée de près tant par le ministère de l’Economie et des Finances tant que par la Banque de France qui ont réitéré leur détermination à "suivre dans les prochains mois l’évolution de l’accès au crédit avec la plus grande attention."

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