Macro-économie / Taux / taux d'intérêt / Immobilier / France / taux d'usure
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Passe d'armes sur le crédit immobilier / La Banque de France et les courtiers ne voient pas du même oeil la remontée des taux
À peine relevé, aussitôt attaqué. La hausse du taux d'usure est jugée insuffisante par des associations d’intermédiaires et courtiers en crédits, dont les présidents viennent d’adresser une lettre ouverte à Olivier Klein, le ministre du logement. Cette dernière lui demande pêle-mêle "l’usage exceptionnel de l’option dérogatoire au calcul du taux d’usure ", la "réhausse des durées maximales d’emprunt" ou encore "l’évolution des plafonds d’intervention d’Action Logement".
Ils vont même jusqu’à évoquer " la survie de l’écosystème immobilier ", qui serait mise en péril par la remontée des taux d’intérêt. Ce qui s’explique notamment par le recours aux chiffres proposés par L'Observatoire Crédit Logement / CSA, une méthode qui ne s’appuie pas sur l’ensemble des données fournies par le secteur bancaire. Ainsi, concernant la production hors renégociations de crédits à l'habitat, cette institution fait état d’une baisse de 36,4 %, en glissement annuel (septembre-novembre 2022 par rapport à septembre-novembre 2021) en novembre. La Banque de France, quant à elle, évoque une diminution de 14,6 %.
Grille de lecture
Un écart colossal qui s’explique, comme nous le rappelions le mois passé, par l’obligation de communiquer à la Banque de France tout accord de crédit immobilier dès sa signature et non pas à son décaissement. Déjà en possession de l’intégralité des données sur le sujet, là où L'Observatoire Crédit Logement / CSA en est réduit à faire des estimations, l’institution dirigée par François Villeroy de Galhau dispose donc des données les plus fraîches.
La lettre ouverte au ministre du logement avance cependant que les professionnels font "le constat de Français découragés qui, depuis le 1er janvier 2022, renoncent purement et simplement à demander un prêt. " Les effets d’éviction du marché immobilier sont de fait possibles et n’apparaissent pas dans les chiffres de la Banque de France. Cependant, certains indicateurs infirment la thèse d’un marché qui serait sclérosé par un taux d’usure trop faible, par exemple la part des ménages modestes au sein des primo- accédants restait proche de 20 % selon les dernières données publiées. Les dernières s’arrêtant au mois d’octobre, il sera particulièrement intéressant d’observer si ce chiffre s’effondre lors des prochaines publications. Pour le moment, s'il a baissé en 2022, on est loin d'un accès au crédit rendu impossible
Une baisse est bien une baisse
Malgré toutes ces différences d’opinions et de méthodes, force est de constater que la production de crédit immobilier a bel et bien diminué entre 2021 et 2022. Ce que Marie-Laure Barut-Etherington, directrice générale adjointe à la direction des statistiques, études et international, explique par le fait "qu’il faut bien voir que 2021 fut une phase de rattrapage, là on est plus probablement dans une phase d’atterrissage ". De fait ce ralentissement de la production des crédits se vérifie dans les chiffres ; on passe d’un total de 16 milliards d’euros en novembre, à un chiffre de 14,5 milliards en décembre.
Quelles que soit les évolutions futures du crédit immobilier en France, les atouts de l’Hexagone resteront nombreux en la matière. Puisqu’à la différence de ses voisins, il nous est possible de profiter sur une longue durée de taux bas fixes et de renégocier nos crédits dès lorsque les taux baissent.
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