WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / remises migratoires / Banque Mondiale

Macro-économie / Taux
remises migratoires / Banque Mondiale

ukraine Les remises migratoires font bonne figure / Elles résistent malgré les crises diverses

UKRAINE. Bien qu’en déclin après une année 2021 record, la croissance des envois de fonds des migrants vers leur pays d’origine va atteindre 5 % cette année, d’après la Banque mondiale, qui note sa résistance dans un contexte des plus hostiles.
Kinshasa au Congo - Matthieu ZELLWEGER/HAYTHAM-REA
Kinshasa au Congo - Matthieu ZELLWEGER/HAYTHAM-REA

La casse est limitée pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Les remises migratoires (transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine) vont croître de 5 % en 2022, d’après un rapport de la Banque mondiale, s’établissant ainsi à 626 milliards de dollars. Cela fait suite à une progression historique de 10,2 % l’année dernière tandis que la reprise économique mondiale battait son plein.

Pour les pays pauvres, les envois de fonds des migrants sont une source vitale de financement : ils dépassent les investissements directs étrangers, l’aide au développement ou encore aux investissements de portefeuille. Il est démontré qu’en plus de réduire la pauvreté et d'améliorer la situation nutritionnelle, ils favorisent, notamment, de meilleurs résultats en matière de taux de scolarisation.

Plusieurs éléments expliquent le montant des flux d'envois de fonds vers les régions en développement. D’une part, la réouverture progressive de divers secteurs dans les économies des pays d'accueil (après les fermetures dues à la pandémie et les perturbations des voyages) a amélioré les revenus et la situation professionnelle des travailleurs migrants et, par conséquent, leur capacité à envoyer de l'argent dans leur pays.

D’autre part, les effets de change ont joué. En effet, dans le cas de la Russie, l’appréciation du rouble s'est traduite par une augmentation de la valeur, en dollars américains, des envois de fonds vers l'Asie centrale et les pays du Caucase du Sud. "Dans le cas de l'Europe, un euro plus faible a eu l'effet inverse en réduisant la valeur en dollars américains des envois de fonds vers l'Afrique du Nord et ailleurs", indiquent les économistes de la Banque mondiale.

Géographiquement, l’Afrique devrait être la région plus affectée par l’impact de crises conjuguées que sont les fortes sécheresses et l’envolée des prix mondiaux des produits de base énergétiques et alimentaires. Les remises migratoires vers l'Afrique subsaharienne auraient ainsi augmenté de 5,2 %, contre 16,4 % en 2021. "Dans les autres régions du monde, le rapport met en évidence une hausse de 10,3 % des transferts d'argent en Europe et Asie centrale, où la hausse des prix du pétrole et la demande de travailleurs migrants en Russie ont favorisé les envois de fonds, en plus de l’impact positif qu’a eu l'appréciation du rouble", lit-on dans le rapport.

En Ukraine, la progression est estimée à 2 %, ce qui est inférieur aux projections antérieures. Cette révision à la baisse s'explique par le fait que l'argent destiné aux Ukrainiens a été envoyé dans les pays qui les accueillent et que les remises en main propre ont probablement augmentés.

Sinon, la croissance des envois de fonds est estimée à 9,3 % en Amérique Latine-Caraïbes, 3,5 % en Asie du Sud, 2,5 % au Moyen-Orient et Afrique du Nord, et 0,7 % en Asie de l’Est-Pacifique. À noter que l’Inde est en passe de recevoir plus de 100 milliards de dollars de transferts de fonds en 2022, ce qui serait inédit à l'échelle d’un seul pays.

Pour 2023, la prévision de l'institution de Washington n'est pas des plus réjouissantes. La croissance des remises migratoires devrait se tasser un peu plus car l'activité économique des pays à revenu élevé devrait continuer de ralentir (de 2,4 % en 2022 à 1,1 % en 2023, selon les prévisions) sous l'effet du choc inflationniste. Sans compter que le rapport insiste sur les aléas baissiers. Sont cités : une nouvelle détérioration de la guerre en Ukraine, la volatilité des prix du pétrole et des taux de change, et un ralentissement plus profond que prévu dans les principaux pays à revenu élevé.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article