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ukraine Conflit russo-ukrainien : les remises migratoires touchées de plein fouet

UKRAINE. Après s’être établie à un niveau quasi-record en 2021, la croissance des transferts de fonds des migrants vers leur pays d’origine (à revenu faible et intermédiaire) va enregistrer un important ralentissement sous l’effet de l’éclatement de la guerre russo-ukrainienne. Certaines régions seront particulièrement pénalisées, relève la Banque mondiale.
Douchanbé au Tadjikistan - Pavel Bednyakov / Sputnik / Sputnik via AFP
Douchanbé au Tadjikistan - Pavel Bednyakov / Sputnik / Sputnik via AFP

C’est l’une des nombreuses conséquences humanitaires découlant du déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La croissance des transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine (remises migratoires) vont significativement ralentir en 2022, alerte la Banque mondiale. Elle devrait atteindre 4,2% cette année après s’être affichée à 8,6%, un quasi-record rendu possible par la reprise économique mondiale qui a succédé à la pandémie.

Ces envois de fonds sont une source de financement externe vitale pour les pays à revenu faible et intermédiaire (ils représenteraient 630 milliards de dollars en 2022) en ce sens qu’ils s’avèrent bien supérieurs aux investissements directs étrangers, à l’aide au développement ou encore aux investissements de portefeuille - lorsque l’on exclut la Chine de l’échantillon. Ils peuvent peser jusqu’à l’équivalent de la moitié de la richesse nationale créée chaque année pour certains pays (54% du Produit intérieur brut du Liban en 2021 grâce à l’importante diaspora du pays).

Si l’institution de Washington anticipe une explosion de plus de 20 % des envois de fonds vers l'Ukraine (forte augmentation des envois de fonds d'Ukrainiens réfugiés en Pologne et dans d'autres pays d'Europe centrale pour soutenir leur famille pendant la guerre), d’autres pays d’Europe et d’Asie centrale devraient être fortement pénalisés. 

En effet, "les transferts d'argent des migrants vers de nombreux pays d'Asie centrale, dont la principale source est la Russie, vont probablement chuter de manière spectaculaire", prévient la Banque mondiale dans son rapport. Concrètement, les flux sortants en provenance de Russie pourraient dégringoler de 40 %, compte tenu de la baisse attendue de 11 % du PIB et de l'évolution potentielle des sanctions. Une catastrophe pour certains pays très dépendants de leurs migrants présents en Russie : le Kirghizistan et le Tadjikistan reçoivent l’équivalent d’un quart de leur PIB sous forme de remises migratoires depuis la Russie.

"Ces baisses, combinées à la hausse des prix des denrées alimentaires, des engrais et du pétrole, sont susceptibles d'accroître les risques d'insécurité alimentaire et d'exacerber la pauvreté dans bon nombre de ces pays", déplore la Banque mondiale dans son rapport.

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