WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Conflit Russo-ukrainien

Macro-économie / Taux
Banque centrale européenne / Conflit Russo-ukrainien

ukraine En plein brouillard, la Banque centrale européenne se veut agile

UKRAINE. Malgré la forte incertitude régnant en zone euro, liée notamment au conflit russo-ukrainien, l’institution de Francfort fait le choix ne pas rester les bras ballants après qu’elle a significativement revu en hausse ses prévisions d’inflation. Son ton est plus agressif sur les achats nets d’actifs, tandis qu’elle se laisse davantage de marge de manœuvre sur la remontée des taux d’intérêt.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Daniel ROLAND / POOL / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Daniel ROLAND / POOL / AFP

C’est un subtil jeu d’équilibriste auquel se livre la Banque centrale européenne (BCE). Confronté à une inflation élevée destinée à accélérer à court terme, ainsi qu'à une forte incertitude liée à la guerre russo-ukrainienne, Christine Lagarde, présidente de la BCE, a déclaré que le Conseil des gouverneurs avait révisé ses vues sur le calendrier des achats nets d’actifs conduits au titre de l’APP (Asset Purchase Programme - programme d’achat d’actifs traditionnel de la BCE), évoquant une fin possible dès cet été. Dans le même temps, le discours sur la remontée des taux d’intérêt s’est un peu adouci.

Un constat posé alors que la BCE a significativement revu à la hausse ses prévisions d’inflation pour cette année et la suivante (5,1 % pour 2022 contre 3,2 % prévu en décembre, 2,1 % contre 1,8 % précédemment pour 2023 et 1,9 % contre 1,8 % en 2024). Inversement, la croissance économique devrait être plus faible que prévu cette année (3,7 % contre 4,2 % précédemment). "La guerre Russie-Ukraine aura un impact important sur l'activité économique et l'inflation par le biais des prix de l'énergie et des matières premières, des perturbations dans le commerce international et de la dégradation de la confiance", a résumé Christine Lagarde. C’est pourquoi "nous gardons toutes nos options ouvertes et nous procéderons étape par étape", a lancé la grande argentière.

D’une part, tandis que les achats nets liés au PEPP (programme d’achat d’urgence pandémie) disparaîtront comme prévu fin mars, ceux menés au titre de l’APP pourraient être réduits plus vite qu’anticipé : de 40 milliards d'euros en avril, ils atteindront 30 milliards en mai et 20 milliards en juin. En décembre, la BCE prévoyait des achats mensuels de 40 milliards d'euros au deuxième trimestre, 30 milliards au troisième et 20 milliards à compter d’octobre. Sans surprise, tout cela est conditionné : le Conseil des gouverneurs a précisé que les montants achetés au troisième trimestre seront "dépendants des données". Aussi, une fin des achats nets est possible cet été, tout comme leur recalibrage en termes de volume et de durée.

D’autre part, la forward guidance (esquisse de la trajectoire future de la politique monétaire) concernant les taux d’intérêt apparaît plus "colombe". Alors qu’auparavant, il était prévu que toute hausse des taux directeurs se produise "peu après" la fin des achats nets d’actifs, elle pourrait désormais avoir lieu "quelque temps" après. "Évidemment, 'quelque temps après' constitue un horizon temporel ouvert qui dépend des données", a dit Christine Lagarde, ajoutant que cet intervalle pourrait aller d'une semaine à plusieurs mois.

Le marché obligataire a plutôt mal réagi cet après-midi. Les taux d'intérêt italiens à 10 ans ont grimpé de plus de 20 points de base. "Le choix de la BCE de poursuivre les plans qu'elle formulait avant la guerre a été plus 'faucon' que prévu", explique Andrew Kenningham, chef économiste chez Capital Economics qui s'attend à la fin des achats nets d'actifs en juillet ou en août. Du côté des taux d'intérêt, Frederik Ducrozet, stratégiste chez Picted Wealth Management, anticipe toujours une seule hausse des taux de 25 points de base cette année, "très probablement en décembre", qui estime qu'"un scénario de resserrement accéléré en 2023 est susceptible de gagner du terrain, à condition que la zone euro puisse éviter la récession".

 

 

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article