Macro-économie / Taux / France / Conflit Russo-ukrainien
Macro-économie / Taux
France / Conflit Russo-ukrainien
Crise ukrainienne : l’économie française ressent les premiers effets
L’économie française n’est pas indifférente à ce qu’il se passe à l’Est de l’Europe. Les perspectives d’activité des entreprises, en particulier dans l’industrie, "diminuent nettement", tandis que l’optimisme des ménages a fondu, avancent les résultats préliminaires d’une enquête conduite par l’Insee à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine. "Globalement, les chefs d’entreprise de tous les grands secteurs d’activité apparaissent préoccupés par les répercussions du conflit", explique l’institut statistique qui indique que les soldes d’opinion sur les perspectives générales d’activité s’affichent en net recul.
Dans le détail, cette dégradation est particulièrement significative dans l’industrie et le commerce de détail et de gros. "Tous les sous-secteurs manufacturiers présentent ainsi une détérioration de leurs perspectives, particulièrement dans les matériels de transport", précise l’institut. Au sein du secteur des services, on observe une situation plus hétérogène. Le moral se dégrade dans le transport routier de marchandise et les services administratifs et de soutien, tandis qu’il s’améliore dans l’hébergement-restauration, probablement en raison d’une situation plus favorable sur le plan sanitaire.
Bonne nouvelle, si le climat des affaires n’est pas au meilleur de sa forme, sa perte de vigueur ne déteint guère les volontés de recrutement des entreprises. "Les soldes d’opinion sur l’évolution prévue des effectifs au cours des trois prochains mois se maintiennent en effet à des niveaux relativement élevés", écrit l’Insee, qui prévoit 15.000 créations nettes d’emplois au premier trimestre 2022 – le taux de chômage devrait se stabiliser à 7,4%.
Du côté des ménages, le conflit russo-ukrainien soulève aussi des inquiétudes puisqu’ils anticipent une baisse du niveau de vie général en France. Un constat d’autant plus trouble qu’en général, "les périodes qui précèdent immédiatement les élections présidentielles s’accompagnent d’un net regain ponctuel d’optimisme sur ce solde d’opinion", note l’Insee. D'autre part, alors que le prix des matières premières s'est envolé depuis que la Russie a envahi l'Ukraine, l'Insee remarque "une vive hausse des anticipations sur l’inflation future". Au cours du deuxième trimestre, le glissement annuel des prix à la consommation pourrait s'établir autour de 4,5 %, selon les économistes de l'Insee.
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