Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / remises migratoires / pays en développement
Macro-économie / Taux
Banque Mondiale / remises migratoires / pays en développement
Comment le ralentissement économique mondial frappe concrètement les pays pauvres / Les remises migratoires à la peine
Le financement des pays en développement a du plomb dans l’aile. D’après un rapport de la Banque mondiale, les remises migratoires (transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine) à destination des pays à revenu faible et intermédiaire vont croître de seulement 1,4 % cette année (elles atteindraient ainsi 656 milliards de dollars).
Pour mémoire, leur croissance s’était affichée à 10,6 % (la reprise économique mondiale se faisait jour) et 8 % respectivement en 2021 et 2022. Et avant la pandémie également, il arrivait que des progressions à deux chiffres soient enregistrées (9,3 % en 2017 et 9,8 % en 2018 puis 5 % en 2019).
Sans surprise, c’est le ralentissement de l’activité économique mondial, fruit de la fin de l’effet de rattrapage post-Covid, l’envolée de l’inflation ou encore du durcissement des conditions de financement, qui explique cet état de fait. "Cela limitera les possibilités d’emploi et de progression salariale chez les travailleurs migrants", indique le rapport de l’institution de Washington.
Selon la Banque mondiale, la croissance économique des pays à revenu élevé devrait s’établir à 0,8 % cette année contre 2,8 % en 2022.
Géographiquement, l’augmentation des envois de fonds devrait être la plus forte en Amérique latine et dans les Caraïbes (3,3 %), car "le marché du travail aux États-Unis reste solide", affirme la Banque mondiale (à 3,7 %, le taux de chômage de l’Oncle Sam est à un quasi plus-bas historique).
A l’inverse, "la croissance des envois de fonds devrait être la plus faible en Asie du Sud (0,3 %), en grande partie à cause du niveau très élevé de 2022 et du ralentissement de la demande de travailleurs hautement qualifiés dans le domaine des technologies de l’information aux États-Unis et en Europe", explique le rapport.
Pour les pays en développement, les envois de fonds des migrants apparaissent comme une source cruciale de financement : tant et si bien qu’ils s’avèrent supérieurs aux investissements directs étrangers (il y a un rapport de 1 à 2 lorsque l’on exclut la Chine), l’aide au développement ou encore aux investissements de portefeuille. En outre, des études indiquent qu’en plus d’influer à la baisse sur la pauvreté et d’améliorer la situation nutritionnelle, ils favorisent, notamment, de meilleurs résultats en matière de taux de scolarisation.
"Les envois de fonds des travailleurs migrants complètent dans une très large mesure les transferts monétaires de l’État et revêtent une importance cruciale pour les ménages durant les périodes difficiles", analyse ainsi Michal Rutkowski, directeur du pôle mondial d’expertise en Protection sociale et emploi de la Banque mondiale
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