WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Dollar / Banque Mondiale / Inflation / pays en développement

Macro-économie / Taux
Dollar / Banque Mondiale / Inflation / pays en développement

Le dollar inquiète la Banque mondiale / Sa dynamique met en difficulté les économies en développement

Le dollar s’est apprécié de 15% par rapport à un ensemble de monnaies depuis le début de l’année. La Banque mondiale y voit un danger pour les économies en développement qui pourraient voir s’aggraver les crises alimentaires et énergétiques auxquelles elles sont confrontées.
Jeoffrey GUILLEMARD/HAYTHAM-REA
Jeoffrey GUILLEMARD/HAYTHAM-REA

L’histoire se répète. Comme souvent par le passé, les mouvements haussiers du dollar, principale monnaie d’échanges et de réserves mondiale, génèrent nombre de problèmes pour l’économie mondiale.

Sous l’effet du resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale américaine et du choc géopolitique qu’est l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il s’est apprécié de 15% depuis le début de l’année par rapport à un panier composé des devises majeures. Dans son rapport sur les marchés des matières premières, la Banque mondiale tire la sonnette d’alarme concernant les économies en développement.

En effet, "la dépréciation de la monnaie de la plupart des économies en développement entraîne une hausse des prix des denrées et des carburants qui pourrait aggraver les crises alimentaires et énergétiques auxquelles nombre d'entre elles sont déjà confrontées", explique l’institution de Washington.

Si les prix (en dollars) du pétrole ont baissé d’environ 6% depuis le déclenchement du conflit russo-ukrainien, près de 60 % des économies de marché émergentes et en développement importatrices d’or noir ont enregistré une hausse des prix du pétrole en monnaie nationale au cours de cette période, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’inflation des denrées alimentaires (la quasi-intégralité de ces économies a également connu une augmentation des prix du blé plus importante en monnaie locale que celle observée en dollars).

Depuis le début de l’année, l'inflation des prix alimentaires en Asie du Sud a dépassé les 20 % en moyenne. Dans d'autres régions, à savoir l'Amérique latine et les Caraïbes, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne, et l'Europe de l'Est et Asie centrale, elle s'est située entre 12 et 15 %. "Même si le prix de nombreux produits de base a reculé par rapport à son pic, il reste élevé par rapport à son niveau moyen des cinq dernières années, indique Pablo Saavedra, vice-président de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finances et institutions.

L'accès à la nourriture devient ainsi de plus en plus compliqué notamment pour les pays à faible revenu (les consommateurs consacrent une grande partie de leur revenu disponible à l'alimentation, environ plus de 50 % dans certains pays). Et malheureusement, "nombre de ces pays disposent d'une marge de manœuvre budgétaire limitée pour soutenir les ménages vulnérables après avoir dépensé des ressources considérables pendant la pandémie", rapporte la Banque mondiale. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article