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Les pays en développement risquent de rater le boom des technologies vertes / L'ONU pointe le manque de cohérence politique
Les pays développés ont déjà pris une longueur d’avance sur les pays en développement dans le domaine des technologies vertes. Ce retard pourrait leur coûter très cher prévient la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) qui appelle les gouvernements et la communauté internationale à prendre des "mesures décisives".
Les technologies vertes – comme les véhicules électriques, l’éolien, les biocarburants ou même l’intelligence artificielle – constituent un enjeu essentiel de la transition écologique et de la lutte contre le changement climatique. Elles offrent de plus en plus d’opportunités économiques que les pays en développement ont pourtant du mal à saisir, en raison notamment d’un manque de cohérence des politiques à l’échelle nationale et internationale.
"Rater cette vague technologique en raison d’un intérêt politique insuffisant ou d’un manque d’investissement ciblé dans le renforcement des capacités aura des conséquences négatives à long terme", prévient Rebeca Grynspan, secrétaire générale de la Cnuced.
Un fossé qui se creuse
Les technologies d’avant-garde ont connu une croissance fulgurante ces vingt dernières années. Sur les 17 technologies considérées par la Cnuced, le volume du marché pourrait atteindre 9 500 milliards de dollars en 2030, contre 1 500 milliards en 2020. Mais jusqu’à présent, les économies développées en saisissent la plupart des opportunités, laissant les économies en développement à la traîne.
Les États-Unis, la Suède, Singapour, la Suisse et les Pays-Bas dominent le classement des pays qui sont le plus à même d’adopter ce type de nouvelles technologies, signe de la domination sans partage des pays riches. Loin derrière, la Russie (31e), le Brésil (40e), l’Inde (46e) ou l’Afrique du Sud (56e) – le meilleur score pour le continent africain – peinent encore à s’affirmer, malgré certaines progressions remarquables.
Les exportations totales de technologies vertes des pays développés sont ainsi passées d’environ 60 milliards de dollars en 2018 à plus de 156 milliards de dollars en 2021 tandis qu’au cours de la même période, les exportations des pays en développement sont, elles, passées de 57 milliards de dollars à environ 75 milliards de dollars. Résultat, en trois ans, la part des pays en développement dans les exportations mondiales a chuté de 15 points, passant de plus de 48 % à moins de 33 %.
L’analyse de la Cnuced montre que "les pays en développement doivent agir rapidement pour tirer parti de ces opportunités et s’engager sur une trajectoire de développement conduisant à des économies plus diversifiées, plus productives et plus compétitives".
Le rôle des gouvernements
L’institution internationale appelle les gouvernements des pays en développement à aligner leurs politiques environnementales, scientifiques, technologiques, industrielles et d’innovation, jusque-là encore trop désordonnées. Elle les exhorte à donner la priorité aux investissements dans des secteurs plus écologiques, à mettre en place des mesures incitatives pour orienter la demande des consommateurs vers des biens plus écologiques et à stimuler les investissements dans la recherche et le développement.
"Pour profiter de la révolution des technologies vertes, les pays en développement doivent se doter de politiques industrielles, énergétiques et d’innovation proactives axées sur les technologies vertes", explique Shamika Sirimanne, directrice de la division technologie et innovation de la Cnuced.
Le commerce comme solution
Mais les pays en développement seuls ne peuvent pas tirer parti des technologies vertes. "Le succès de leurs politiques nationales dépendra en grande partie de la coopération mondiale par le biais du commerce international", poursuit l’institution.
Le rapport indique que les règles du commerce international devraient permettre aux pays en développement de protéger les industries vertes émergentes par des droits de douane, des subventions et des marchés publics, afin qu’elles puissent non seulement répondre à la demande locale, mais aussi réaliser les économies d’échelle qui rendent les exportations plus compétitives.
Ses auteurs pensent également que les règles internationales en matière de commerce et de propriété intellectuelle devraient offrir plus de souplesse aux pays en développement afin qu’ils puissent mettre en place des politiques industrielles et d’innovation destinées à soutenir leurs industries naissantes et permettre l’émergence de nouveaux secteurs de technologies vertes dans ces pays.
Beaucoup de vœux pieux dont les chances de réalisation restent encore très incertaines.
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