Macro-économie / Taux / commerce international / perspectives
Macro-économie / Taux
commerce international / perspectives
Les transformations du commerce international / Sa croissance sera inférieure à celle de l’économie mondiale dans les années à venir
Le monde change et les flux commerciaux qui le caractérisent également. Les décennies d’ouverture économique de l’après-Guerre Froide semblent avoir laissé place au retour des tensions géopolitiques et commerciales sur fond de crise sanitaire et de conflit en Ukraine. Selon une récente étude du Boston Consulting Group (BCG), le commerce mondial devrait croître de seulement 2,3 % par an jusqu’en 2031, moins que le PIB mondial qui devrait lui progresser de 2,5 % par an sur la même période. Il s’agit d’un changement considérable par rapport à la décennie précédant la pandémie, au cours de laquelle leur croissance était sensiblement identique.
La réorganisation du commerce international
La pandémie l’avait initié, la guerre en Ukraine confirme. Le commerce international poursuit sa transformation autour de trois axes majeurs : le divorce à marche forcée entre l’Europe et la Russie, la baisse des échanges entre la Chine et les États-Unis et la montée en puissance des économies d’Asie du Sud-Est. "Après près de 30 ans d'un environnement commercial relativement sûr, nous sommes au milieu d'une nouvelle dynamique Est contre Ouest, […], ainsi que l'émergence potentielle d'un troisième groupe de nations non alignées", souligne Nikolaus Lang, directeur général du BCG.
La rupture la plus brutale et la plus directe reste évidemment l’effondrement des échanges entre l’Union européenne (UE) et la Russie, qui devraient chuter de 262 milliards de dollars d’ici à la prochaine décennie. Les sanctions occidentales en sont les principales responsables, alors que l’UE cherche notamment à sevrer son économie du gaz et du pétrole russes. Pour compenser, la Russie devrait se tourner davantage vers la Chine et l’Inde, pour un total attendu de 110 milliards supplémentaires d’ici à 2031. À l’inverse, l’Europe devrait renforcer ses liens commerciaux avec les États-Unis, accentuant un peu plus le retour à cette logique de blocs propres aux années de Guerre Froide.
Côté Chine et États-Unis, la casse est estimée à 63 milliards de dollars en moins d’ici les dix prochaines années. Les efforts protectionnistes du gouvernement américain pour promouvoir l’industrie outre-Atlantique et encourager les entreprises à diversifier leurs chaînes d'approvisionnement prennent ainsi la forme de mesures telles que l’Inflation Reduction Act (IRA), l'accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) ou encore le CHIPS Act, "qui visent toutes en partie à réduire la dépendance commerciale de l’Amérique vis-à-vis de la Chine", observe le rapport.
L’Asie du Sud-Est tire son épingle du jeu
Les pays d’Asie du Sud-Est membres de l’ASEAN – dont l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour – apparaissent comme les grands gagnants des bouleversements qui s’opèrent à l’échelle mondiale. La région devrait significativement augmenter ses volumes échangés avec la Chine, les États-Unis, le Japon et l’UE, poussée par "la volonté des entreprises de diversifier les chaînes d'approvisionnement mondiales face aux tensions géopolitiques croissantes et à la hausse des coûts de fabrication en Chine", indiquent les experts du cabinet de conseil en stratégie.
Au total, les échanges commerciaux de la région avec le reste du monde devraient augmenter de plus de 1 000 milliards de dollars, la Chine se taillant comme souvent la plus grosse part du gâteau avec 438 milliards à elle seule.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

