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Russie : Commerce international ; Sanctions européennes ; Exportations ; Importations ; UE ; Zone euro ; Chine

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Russie / commerce international / Sanctions européennes

La Russie met le cap vers l’est / Un volte-face pas forcément gagnant

Contrainte par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, la Russie réorganise son commerce international à marche forcée. Moscou regarde désormais vers l’est, loin de l’Europe, une stratégie qui pourrait pénaliser sa croissance.
Vladimir Poutine et XI Jinping (Xie Huanchi/XINHUA-REA)
Vladimir Poutine et XI Jinping (Xie Huanchi/XINHUA-REA)

La guerre en Ukraine et les sanctions occidentales poussent la Russie à se détourner de l’Europe et modifier la structure de leurs échanges commerciaux. Une note de blog de la Banque centrale européenne (BCE) propose un état des lieux de cette réorganisation du commerce international.

Jusqu’au 24 février 2022, la Russie et l’Europe étaient deux partenaires commerciaux important. La zone euro représentait 5 % des importations de biens russes tandis qu’elle-même importait 3 % de ses biens depuis la Russie. Plus encore, l’Europe dépendait largement de la Russie pour s’approvisionner en énergies fossiles. L’Union européenne (UE) importait ainsi environ 25 % de son pétrole brut, presque 40 % de son gaz naturel et près de 50 % de son charbon de Russie. À l’inverse, la Russie restait dépendante de nombreux produits de haute technologie européens.

 

Le divorce avec l’Europe

 

Mais la guerre et les sanctions ont contraint les deux partenaires à prononcer un divorce rapide et douloureux. Chutant de façon spectaculaire, les échanges entre les deux puissances économiques ne représentent plus aujourd’hui que la moitié du niveau d’avant-guerre. Si les exportations de la zone euro vers la Russie ont chuté particulièrement rapidement, les importations européennes depuis la Russie ont, elles, diminué progressivement, à mesure que l’UE interdisait les importations de charbon (août 2022), puis de pétrole brut (décembre 2022) et, plus récemment, de produits pétroliers raffinés (février 2023).

En réponse, la Russie a également réduit progressivement les flux de gaz naturel vers l’Europe, de sorte qu’en février 2023, les importations de gaz étaient inférieures de 90 % à leur moyenne historique. L’Europe s’est alors tournée vers la Norvège, l’Algérie et l’Azerbaïdjan, tout en augmentant considérablement ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL), transporté par voie maritime.

 

Modification de la structure des échanges

 

Plus encore, les sanctions internationales ont entraîné "une modification importante de la structure des échanges commerciaux de la Russie", expliquent les auteurs de la note. Après avoir presque diminué de moitié dans un premier temps, les importations russes ont retrouvé leur niveau d’avant-guerre dès le début de l’année 2023. Au détail près que ses dépendances commerciales se sont déplacées vers l’est et que ses fournisseurs sont géographiquement beaucoup moins diversifiés qu’auparavant, la Chine fournissant à elle seule la moitié des importations de biens russes.

Pourtant, si la Russie a désormais largement restructuré ses chaînes d’approvisionnement et que ses importations de marchandises ont repris, il n’est pas certain du tout que les nouvelles importations soient de la même qualité que celles qui ont été perdues et au même prix. "Ce revers pèsera probablement sur la croissance de la productivité, réduisant les perspectives de croissance à long terme de l’économie", analysent les économistes de la BCE.

 

Énergies fossiles en demi-teinte

 

Côté exportation, Moscou compte toujours fortement de ses énergies fossiles. Malgré les sanctions, le volume des exportations russes de pétrole, son principal produit d’exportation, a en fait augmenté. En effet, la Russie a réorienté les flux d’Europe vers la Chine et la Turquie, ainsi que vers de nouveaux partenaires commerciaux en Inde, en Afrique et au Moyen-Orient.

Ce volume de pétrole plus important est toutefois proposé à un prix nettement inférieur. Le pétrole de l’Oural – la principale qualité exportée – s’est négocié à 48 dollars le baril en moyenne en février, bien en dessous des 83 dollars du prix moyen du baril de Brent, la référence mondiale.

Les exportations de gaz russe par gazoduc se sont avérées plus difficiles à réorienter, car elles nécessitent de vastes infrastructures pour être exportées vers des destinations plus éloignées. Ayant fermé ses gazoducs vers l’Europe, la Russie n’a pu compenser que partiellement ses exportations de gaz en augmentant les flux de gazoducs vers la Chine et en vendant davantage de GNL sur le marché mondial. Dans l’ensemble, les exportations de gaz russe en 2022 ont été inférieures d’environ 25 % à celles de 2021.

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