Entreprises / Actions / guerre en Ukraine / Sanctions européennes / Fédération de Russie / Entreprises françaises
Entreprises / Actions
guerre en Ukraine / Sanctions européennes / Fédération de Russie / Entreprises françaises
Russie : les entreprises françaises ont eu le nez creux
L’information est passée quelque peu inaperçue en cette période estivale mais elle montre que la stratégie des entreprises françaises de se retirer de la Russie, quitte à annoncer des résultats semestriels moins bons que prévus, était la bonne.
Nouvelles interdictions russes
Vladimir Poutine vient, en effet, de ratifier un décret interdisant aux investisseurs et aux entreprises de pays "inamicaux" (comprendre : ceux ayant imposé des sanctions contre les citoyens ou les sociétés russes suite à l’invasion de l’Ukraine par Moscou) de céder leurs participations dans des projets russes ayant trait aux secteurs de la finance, des carburants et de l’énergie et ce, jusqu’au 31 décembre prochain.
Si la liste complète des projets concernés par l’interdiction de tout désengagement devrait être connue en début de semaine prochaine, le décret vise déjà certaines transactions portant sur des actions, des droits ou des obligations portant sur le projet Sakhaline-1 (champs de pétrole et de gaz) ainsi que la production du champ de pétrole de Kharyaga.
Des exceptions au cas par cas
Le texte mentionne également toutes les actions ou intérêts dans des gisements de matières premières d’hydrocarbures sur le territoire de la Fédération de Russie mais aussi toutes les transactions constituant le capital social de banques russes. Si le décret prévoit, sous certaines conditions, la possibilité de quelques exceptions, celles-ci devront impérativement faire l’objet d’une "décision spéciale du Président de la Russie ", peut-on lire sur le site du Kremlin.
Rappelons que depuis le 22 février dernier et la première salve de sanctions prononcées par les instances européennes à l’encontre de la Russie pour contraindre cette dernière à renoncer à son projet d’invasion de l’Ukraine, Moscou n’est pas resté inactif.
Plusieurs règles ont en effet été édictées pour empêcher les entreprises étrangères et donc françaises de quitter le sol russe. Début mars, deux décrets russes avaient, par exemple, déjà interdit à des entreprises occidentales co-actionnaires auprès de personnes physiques ou morales russes de leur revendre leurs participations, à moins de revendre leurs parts à leurs partenaires locales et d’obtenir un accord de la part de la commission russe de contrôle sur les investissements étrangers.
La bonne idée de prendre les devants
Ce fut le cas pour Société Générale qui a revendu, en avril, sa participation dans Rosbank au fonds d’investissement Interros Capital dirigé par un oligarque proche de Vladimir Poutine. Une vente qui s’est soldée certes par une perte en compte de résultat de 3,3 milliards d'euros avant impôt au premier semestre mais qui n'a pas empêché la banque rouge et noire d'enregistrer au deuxième trimestre un excellent résultat de 1,5 milliard d'euros, soit plus qu'à la même période l'année dernière.
Société Générale n’est pas la seule à avoir payé la facture de son retrait de Russie. Pour Renault, la cession des activités industrielles, où le groupe dominait le marché avec la marque Lada, a fait apparaître une charge de 2,3 milliards d’euros, ce qui n'a toutefois pas empêché le constructeur de revoir ses objectifs financiers pour 2022 à la hausse.
TotalEnergies a dû provisionner 4,1 milliards de dollars concernant notamment le projet de gaz liquéfié Artic LNG 2. Une contrainte qui ne l’a toutefois pas empêché d’être le grand gagnant au niveau européen des conséquences de la guerre en Ukraine. L'énergéticien est arrivé en tête du classement des sociétés cotées européennes en multipliant par 2,1 son chiffre d’affaires sur un an.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

