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Sanctions européennes / Russie
Nouveau tour de vis contre la Russie / Les Européens s’accordent sur un dixième train de sanctions
Les pays occidentaux resserrent encore un peu plus l’étau autour de la Russie. Un an après le début de l’invasion russe en Ukraine, les Européens ont annoncé un renforcement de leurs positions à l’égard de la Russie, dressant les contours d’un dixième paquet de sanctions contre Moscou et ses alliés. Ces nouvelles sanctions visent à frapper encore plus durement l’économie russe ainsi que certaines entreprises iraniennes, accusées de soutenir activement l’invasion de l’Ukraine.
Elles portent notamment sur des limitations plus strictes en matière d’exportation de technologies et de biens à double usage, un élargissement de la liste des banques écartées du système SWIFT de paiements internationaux et de nouvelles obligations pour les banques, qui doivent désormais révéler le montant des avoirs russes gelés qu’elles détiennent, notamment ceux de la Banque centrale russe. Sont également sanctionnées, les personnes et les entités qui soutiennent la guerre, diffusent de la propagande ou livrent des drones à la Russie.
Entraver les capacités militaires russes
Concrètement, les sanctions s’appliquent en priorité aux "technologies avancées qui contribuent aux capacités militaires et au renforcement technologique de la Russie", détaille la Commission européenne. Elles concernent ainsi des composants électroniques, des terres rares, des véhicules, des caméras thermiques, des réacteurs ou autres générateurs électriques, facilement redirigés vers l’armée russe, etc.
Par ailleurs, l’exécutif européen a également inscrit 96 entités supplémentaires associées au complexe militaro-industriel russe, portant leur nombre à 506. Cela inclut, pour la première fois, sept entités iraniennes soupçonnées d’utiliser des composants de l’Union européenne (UE) pour fournir à la Russie des drones militaires "Shahed", tristement connus pour les dégâts qu’ils infligent aux infrastructures civiles en Ukraine.
Au total, la nouvelle vague de restrictions devrait couvrir 11,4 milliards d’euros d’exportations européennes. Elles s’ajoutent aux 32,5 milliards d’euros d’exportations déjà sanctionnées dans les paquets précédents. Avec le train de mesures adopté aujourd’hui, l’UE a mis fin à près de la moitié (49 %) de ses exportations vers la Russie.
Des effets discutés
En parallèle, la Commission a prohibé l’importation de bitume, d’asphalte et de caoutchouc russes, soit 1,3 milliard d’euros de manque à gagner pour Moscou. Ce sont désormais 58 % des importations russes d’avant-guerre qui devraient être interdites.
Pourtant, la Russie résiste peut-être mieux que prévu. Alors que l’Europe souffre des conséquences de la rupture avec Moscou, l’économie russe fléchit mais tient le choc. Après une récession plus faible qu’attendue en 2022, le PIB russe devrait renouer avec la croissance dès cette année et même connaître une progression plus forte que la zone euro en 2024, selon le FMI.
Les experts s’accordent toutefois tous sur le fait que les sanctions devraient asphyxier crescendo l’économie russe, orientée tout entière vers la guerre en Ukraine. Le long terme plutôt que l’immédiateté donc. Et à la Commission européenne de rappeler que "les sanctions de l’UE contre la Russie s’avèrent efficaces".
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