WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Russie ; Sanctions européennes ; Importations ; Entreprises françaises ; Dépendance ; Énergies fossiles

Macro-économie / Taux / Russie / Sanctions européennes / importations / Entreprises françaises

Macro-économie / Taux
Russie / Sanctions européennes / importations / Entreprises françaises

Sanctions européennes : les entreprises françaises plutôt épargnées / Pas d'effet boomerang conséquent sur les importations

Contrairement à ce que certains redoutaient, les sanctions européennes à l’encontre du Kremlin ne semblent pas avoir eu d’effet majeur sur les entreprises françaises. Faiblement exposés avant la guerre, les importateurs français n’ont pas l’air d’en souffrir outre mesure, rapporte l’OFCE.
Les importations françaises depuis la Russie restent gouvernées par les énergie fossiles (Patrick Pleul/ZUMA Press/REA)
Les importations françaises depuis la Russie restent gouvernées par les énergie fossiles (Patrick Pleul/ZUMA Press/REA)

Un peu plus d’un an après le début du conflit en Ukraine et dix paquets de sanctions plus tard, les conséquences des sanctions européennes sur l’économie russe demeurent incertaines tant l’opacité de Moscou complique toute tentative d’estimation. Le coût pour les économies occidentales est en revanche, lui, bien plus simple à évaluer.

En France, ce sont près de 6,5 milliards d’euros d’importations qui seraient directement affectées par les sanctions, soit moins de 2 % des importations totales de marchandises, révèle une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), alors même que les sanctions européennes couvrent près de 75 % des importations françaises en provenance de Russie.

 

Des importations gouvernées par les énergies fossiles

 

En 2021, la France importait encore 9 milliards d’euros de marchandises en provenance directe de Russie, un tiers de moins qu’une décennie plus tôt, comptant pour seulement 1,6 % des importations françaises de marchandises totales. À l’inverse, le nombre d’entreprises françaises qui s’approvisionne en Russie a lui quasiment doublé dans le même temps, signe d’une dépendance plus faible mais aussi plus diffuse du tissu productif français à la Russie.

Cette dépendance – et ce n’est pas nouveau – concerne avant tout les énergies fossiles, à la base de l’économie de guerre du Kremlin. La même année, la France a ainsi importé 22 % de son gaz naturel et 19 % de son pétrole depuis la Russie. Aya Elewa et Sarah Guillou, les auteures de l’étude, observent en outre que la valeur des importations serait "très corrélée" à la valeur du pétrole, révélant à la fois l’importance des importations d’énergies fossiles dans le total mais aussi dans la stabilité des importations d’autres produits.

 

Une poignée d’acteurs

 

Si peu d’entreprises françaises s’approvisionnent en Russie, elles sont encore moins nombreuses à "réellement compter" dans les échanges avec le pays, signe que les échanges directs restent "très concentrés" sur une poignée d’acteurs seulement. Ainsi, en 2021, 1 % des firmes françaises totalisaient près de 90 % de la valeur des importations en provenance de Russie, toutes marchandises confondues. Ce sont le plus souvent de très grandes entreprises, issues pour la plupart des secteurs métallurgique et pétrochimique.

Plus encore, la plupart des importateurs français qui échangeaient avec la Russie en 2021 en dépendaient très faiblement. Et seuls 10 % d’entre eux en dépendaient à plus de 70 %, représentant un total d’environ 300 entreprises.

 

La partie émergée de l’iceberg

 

Les auteures rappellent toutefois que les importations directes ne représentent que "la partie apparente de l’iceberg", les entreprises françaises importatrices fournissant souvent à leur tour des intrants à d’autres entreprises sur le territoire national. "Si l’on tient compte de la dépendance en cascade, les coefficients de dépendance par industries sont multipliés par des facteurs de 2 à 10", expliquent-elles.

Si l’on retient donc que 6,5 milliards d’euros d’importations directes sont interdites du fait des sanctions, c’est entre 13 et 65 milliards d’euros d’intrants qui devraient être affectés par les sanctions, directement et indirectement, bien plus que les quelque 3 000 importateurs français de Russie.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article