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Zone euro : récession oblige, contraction du crédit en vue pour 2023 selon EY / Un évènement inédit depuis près d’une décennie
Le crédit bancaire pourrait réaliser une piètre performance en 2023. C’est en tout cas ce à quoi s’attend le cabinet de conseil EY, qui anticipe un recul de 1,8% du total des prêts bancaires nets (après une croissance de 4,6% en 2022). Jamais une contraction n’avait été observée depuis 2014. " Alors que le secteur bancaire européen est en passe de connaître une forte croissance des prêts cette année, l'année 2023 devrait raconter une histoire très différente", indique Omar Ali, managing partner chez EY.
Récession et crédit ne font pas bon ménage
En effet, une récession est attendue en zone euro dans les prochains mois sous l’effet du choc inflationniste auquel fait face le Vieux continent (inflation annuelle à deux chiffres ces deux derniers mois).
Aussi, "une contraction des emprunts due à la réduction de la demande et de l'offre est prévue, les consommateurs, les entreprises et les banques devenant plus prudents", explique Omar Ali, qui souligne que si "l'impact économique à court terme se fera sentir partout", les petites entreprises risquent d'être les plus touchées si l'accès au financement est limité.
Rappelons que la quasi-intégralité (98,9%) des entreprises de l'Union européenne faisant partie de l'économie marchande non financière étaient des micros ou petites entreprises employant moins de 50 personnes, d’après Eurostat. Elles employaient un peu moins de la moitié (48,4%) de la main-d'œuvre de l'économie marchande non financière des Vingt-sept, tandis qu'elles contribuaient à un peu plus d'un tiers (35,3%) de la valeur ajoutée.
Au sein de la zone euro, l’Allemagne et l'Italie devraient connaître l'année prochaine les plus fortes baisses de prêts bancaires nets, de 1,7 % et 1,8 % respectivement, principalement en raison des conséquences économiques de leur exposition aux prix élevés de l'énergie. De leur côté, la France et l’Espagne devraient connaître des contractions respectives de 0,8% et 1,3%.
La contraction du crédit devrait être de courte durée, à l’image de la récession, à condition que la guerre en Ukraine ne s'intensifie pas, estime EY. Un retour à une croissance des prêts bancaires de 2,7 % est prévu en 2024 dans l'ensemble de la zone euro, puis de 3,7 % en 2025, en supposant que l'inflation diminue, que les prix de l'énergie se stabilisent et que la confiance revienne.
Des pertes limitées pour les banques
Par ailleurs, dans son étude, EY s'est interrogé sur les conséquences de la récession sur les créances des banques. Il en ressort que malgré la récession, les pertes sur les prêts devraient rester contenues.
"Les pertes sur prêts dans la zone euro devraient augmenter de 2,6 % cette année, contre 2,2 % en 2021, et augmenter lentement au cours des années suivantes - comme il est courant dans le cycle économique après un ralentissement - pour atteindre 3,3 % en 2023, 4,2 % en 2024 et 5 % en 2025", avancent les équipes d'EY. Pour mémoire, les pertes sur prêts ont atteint un pic de 8,4 % en 2013 alors que la zone euro faisait face à la crise des dettes souveraines.
Du côté des ménages, "le resserrement de la réglementation et des critères de prêt après la crise financière mondiale devrait permettre aux emprunteurs hypothécaires de mieux faire face à la hausse des taux, tandis que l'épargne accumulée par les ménages pendant la pandémie devrait constituer un coussin de soutien contre la baisse des revenus et la hausse des pertes d'emploi", veut croire le cabinet de conseil. Tandis que concernant les entreprises, "les programmes de prêts soutenus par les gouvernements nationaux proposés pendant la pandémie, qui ont eu tendance à offrir des conditions de remboursement généreuses, devraient limiter la hausse de la part des prêts non productifs aux entreprises, du moins à court terme".
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