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Engie / EDF / Jean-Pierre Clamadieu / Geoffroy Roux de Bézieux / Medef
Geoffroy Roux de Bézieux met en garde sur le « quoi qu’il en coûte » / Une diversification rapide du mix énergétique est nécessaire
"Nous sommes le mieux préparés possible pour l’hiver qui débute". S’exprimant mardi à l’occasion de la REF Théma Energies organisée par le Medef sur le sujet de la crise énergique et ses nombreuses conséquences en France et en Europe, Jean-Pierre Clamadieu, le président d’Engie a souhaité donner un message rassurant sur le court terme, en particulier s’agissant des approvisionnements en gaz, qui représentent une grande partie de l’activité de l’entreprise. "Nos stockages sont à des niveaux très élevés, les flux de GNL (gaz naturel liquéfiés) continuent à arriver en Europe de manière très importante et nous voyons des signes de baisse de la consommation", a indiqué le patron du numéro deux français de l’énergie.
Cette baisse de la consommation s’observe chez les grands industriels, "avec des réductions de l’ordre de 30%", a-t-il indiqué, un recul résultant de la substitution d’autres combustibles mais aussi d’arrêts de production, un point plus inquiétant.
"Pas une fatalité"
L’avis de Jean-Pierre Clamadieu sur la situation électrique était également très attendu, Engie étant un acteur important du marché de l’électricité français, bien qu’il n’en soit pas un producteur massif. Sur le sujet, le dirigeant marche dans les pas du président de la République, Emmanuel Macron, qui, tant lors de sa récente visite aux Etats-Unis qu’à son arrivée mardi à un sommet européen à Tirana, en Albanie, a assuré que le modèle énergétique français pouvait tenir cet hiver et que les coupures de courant étaient évitables si "chacun fait son travail", celui du consommateur étant d’ajuster à la baisse sa consommation à la situation si elle devient tendue.
De même, pour Jean-Pierre Clamadieu, "le black-out n’est pas une fatalité", et "s’il arrive, il ne concernera que des parties du territoire". Le pays est selon lui "capable de faire face à quelques heures d’interruption", mais surtout, celles-ci sont évitables "par des efforts sur la consommation" qui permettront "de déplacer les pics de consommations de quelques heures au travers de gestes simples".
Si la question des éventuelles coupures pourrait générer des perturbations dans les semaines qui viennent, la question de l’envol des prix de l’énergie pèse fortement sur l’équation économique des entreprises depuis déjà de nombreux mois, sous l’effet de la crise ukrainienne. "Pour être juste, l’énergie avait commencé à augmenter avant l’agression russe en Ukraine", a rappelé pour sa part Geoffroy Roux de Bézieux, le président du MEDEF, qui intervenait en ouverture de la REF. "Nous n’avons pas appris les leçons du choc pétrolier de 1974, c’est-à-dire que nous n’avons pas complètement intégré l’idée qu’il faut diversifier le mix énergétique", a reconnu le président du Mouvement des entreprises de France. Sur ce point, en prenant il y a plus de dix ans le tournant de l’arrêt du nucléaire et de tout miser sur le gaz russe, "l’Allemagne a mis toute l’Europe en difficulté", a d’ailleurs pointé Geoffroy Roux de Bézieux.
Des caisses vides
Pour le dirigeant, il est ainsi nécessaire aujourd’hui de "diversifier le plus vite possible" les sources d’énergies, y compris évidemment pour la France, dont l’importance du parc nucléaire ne constitue pas une garantie absolue, alors qu’un peu moins de 40 réacteurs fonctionnent sur 56 en raison d’arrêts prévus pour maintenance et d'autres inattendus pour des problèmes de corrosion. Mais en attendant que le pays ait suffisamment diversifié et renforcé ses sources d’énergies "le quoi qu’il en coûte mis en place par le gouvernement français" pour venir en aide aux entreprises "ne peut pas continuer éternellement parce que les caisses sont vides", alerte Geoffroy Roux de Bézieux.
Et, selon lui, si les Allemands ont tiré les premiers avec leur boucler de 200 milliards d’euros visant à soutenir leurs entreprises, la bonne solution est nécessairement européenne. Car "si chaque pays fait son propre bouclier en fonction de son mix énergétique, c’en est fini d’une certaine manière de la solidarité européenne", a-t-il souligné. Une indispensable harmonisation européenne dont le patron des patrons avait déjà souligné la nécessité il y a quelques semaines, et dans le cadre de laquelle "le plus important est de trouver un nouveau système de fixation du prix de l’électricité". Un avis qui rejoint celui du nouveau président-directeur général d’EDF, Luc Rémont, qui avant même sa nomination officielle le 23 novembre dernier, avait souligné la nécessité de remettre en cause le mécanisme de l’Arenh (accès réglementé à l’électricité nucléaire historique), "à bout de souffle" selon lui.
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