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Banque Mondiale / Dette / pays pauvres
Le fardeau de la dette dans les pays pauvres / Le poids de son service atteint un niveau record depuis deux décennies
"La crise de la dette à laquelle sont confrontés les pays en développement s’est aggravée", a déclaré David Malpass, président de la Banque mondiale. Sale temps pour la santé financière des pays pauvres du globe avec la hausse des taux d’intérêt. Les pays pauvres étant éligibles aux financements de l’Association internationale de développement (AID), filiale de la Banque mondiale soutenant les pays pauvres, une part record depuis 2000 de leurs recettes d’exportation vont être consacrées au service de leur dette extérieure à long terme, publique ou garantie par l’État, indique un rapport de la Banque mondiale. "Le paiement du service de la dette prive les ressources budgétaires de la santé, de l’éducation, de l’aide sociale et des investissements dans les infrastructures", s’alarme David Malpass.
Fin 2021, les paiements du service de la dette extérieure à long terme publique et garantie par l’État des pays éligibles à l’AID s’élevaient à 46,2 milliards de dollars, soit l’équivalent de 10,3 % de leurs exportations de biens et services et de 1,8 % de leur revenu national brut (RNB). Ces pourcentages sont en très forte augmentation par rapport à 2010 (ils atteignaient alors respectivement de 3,2 % et 0,7 %).
Cette année ne sera pas plus réjouissante. Le service de la dette des pays IDA devrait augmenter de 35 % pour atteindre plus de 62 milliards de dollars, c’est-à-dire l’une des plus fortes progressions annuelles de ces deux dernières décennies. A noter que la Chine devrait représenter 66 % des paiements dus au service de la dette publique bilatérale dans les "pays AID". L’Empire du Milieu était le principal prêteur bilatéral des pays IDA fin 2021 avec 49 % de leur encours de dette bilatérale, contre 18 % en 2010.
Il faut dire qu’au cours des dernières années, la composition de la dette des "pays AID" a beaucoup évolué. Ainsi, la part de la dette extérieure contractée auprès de créanciers privés a fortement progressé : fin 2021, les économies à revenu faible et intermédiaire devaient 61 % de leur dette publique et garantie par l’État à des prêteurs privés, soit une augmentation de 15 points de pourcentage par rapport à 2010.
Dans les pays éligibles à l’AID, 21 % de la dette extérieure était due à des créanciers privés à la fin de l’année dernière, soit 16 points de plus qu’en 2010. Par ailleurs, la part de la dette due à des créanciers publics qui n’appartiennent pas au Club de Paris (tels que la Chine, l’Inde, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et d’autres) a explosé. La Banque mondiale y voit un problème en ce sens que les restructurations de dette s’avèrent en conséquence moins aisées.
Plus largement, toutes les économies en développement, à revenu faible ou intermédiaire sont face à des risques croissants concernant leur dette, alerte le rapport de l’institution de Washington.
A la fin de l’année passée, la dette extérieure de ces pays s’élevait à 9 000 milliards de dollars, soit plus du double de son montant d’il y a dix ans. Durant la même période, la dette extérieure totale des "pays AID" a été multipliée par près de trois pour s’élever à 1 000 milliards de dollars."La hausse des taux d’intérêt et le ralentissement de la croissance mondiale risquent de faire basculer un grand nombre de pays dans une crise de la dette, sachant qu’environ 60 % des pays les plus pauvres sont actuellement exposés à un risque élevé de surendettement ou déjà surendettés", explique la Banque mondiale.
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