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Crise énergétique : qu’en est-il du pouvoir d’achat des Français ? /
L’ensemble des mesures de soutien de l’Etat n’a pu empêcher une perte
Le pouvoir d’achat des ménages français ne traverse pas les chocs énergétique et inflationniste sans heurt. Malgré les dizaines de milliards d’euros que l’Etat a déployé et continue de déverser pour préserver leur pouvoir d’achat, ce dernier a tout de même affiché un recul entre janvier 2021 et juin 2022, montre une étude de l’Insee.
Alors que se sont succédé, la reprise économique post-confinements puis la guerre en Ukraine, les prix de l’énergie (électricité, gaz, carburant) ont explosé au cours de ces dernières années. Les prix au détail ont été plus élevés en moyenne de 20 % pour l’essence et de 24 % pour le diesel par rapport à leur moyenne de 2020. De leur côté, les prix liés au chauffage et au fonctionnement de la maison ont crû de 37 % entre janvier 2021 et juin 2022 pour le gaz par rapport à leur moyenne de 2020, 5 % pour l’électricité et 41 % pour le fioul domestique.
En face, l’Etat a soutenu le revenu des ménages (un bonus exceptionnel de 100 euros du "chèque énergie", indemnité inflation) tout en freinant la hausse des prix à travers la mise en place d’un "bouclier tarifaire" (remise à la pompe, limitation de l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité).
En dépit de ces diverses mesures, sur la période d’un an et demi entre janvier 2021 et juin 2022, "le revenu disponible élargi au chèque énergie et à l’indemnité inflation et corrigé des dépenses de produits énergétiques est inférieur de 21,3 milliards d’euros à ce qu’il aurait été en l’absence à la fois des hausses des prix et des mesures de soutien au revenu des ménages", écrit Flore Cornuet, économiste à l’Insee et auteure de l’étude. Ainsi, chaque ménage a vu son revenu disponible être grevé de 720 euros en moyenne sur ces dix-huit mois, ce qui représente une baisse de pouvoir d’achat de 1,3%.
Dans le détail, le surplus de dépenses d’énergie est dû pour 55 % (13,6 milliards d’euros) à l’augmentation des prix de l’électricité, du gaz et des autres sources d’énergie utilisées pour le chauffage et le fonctionnement de la maison. Les 45 % restants (11,19 milliards d’euros) proviennent de la hausse des prix des carburants.
Si les effets conjugués des hausses de prix et des aides sont défavorables à l’ensemble des ménages, en proportion de leur revenu disponible corrigé, les 30 % les plus aisés sont moins affectés que le reste des ménages (-1,2 % contre -1,6 %). Et pour cause, "les dépenses d’énergie représentent pour les ménages les plus modestes une plus grosse part de leur revenu disponible que pour les autres ménages : de l’ordre de 14 % pour les 10 % les plus pauvres, contre 10 % pour les ménages juste au-dessus de la médiane et 5 % pour les 10 % de ménages les plus aisés", rappelle Flore Cornuet.
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