Macro-économie / Taux / INSEE / Banque de France / ménages / confiance / Epargne
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France : le caillou dans la chaussure de la reprise économique
Depuis le déconfinement, la France a connu un fort rebond économique tant au niveau de l’activité économique que de la consommation, selon les derniers chiffres de l’Insee. Et la plupart des indicateurs conjoncturels publiés, telles que les enquêtes auprès des directeurs d'achats, envoie le même message. Si bien que François Villeroy de Galhau, le Gouverneur de la Banque de France, est même allé jusqu’à récemment dire que, "la reprise se passe au moins aussi bien que nous l’avions prévu, et même un peu mieux".
Reste qu’un élément crucial jouera sur la reprise économique : l’épargne. En effet, l’épargne forcée des ménages a bondi durant le confinement, mais aussi après. Concrètement, selon les calculs de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) datant de la fin juin, les ménages ont accumulé 55 milliards d'euros d'épargne forcée durant le confinement et 20 milliards supplémentaires pendant la période de déconfinement. Ce sont donc 75 milliards d’euros d’épargne forcée qui ont vu le jour en seize semaines – soit un peu plus de 3 points de PIB. Or, la dernière enquête de l’Insee auprès des ménages parue ce matin n’est pas des plus rassurantes.
De fait, l’indice synthétisant la confiance des ménages a baissé de 2 points par rapport au mois précédent, pour s’établir à 94 points, soit 6 points en-dessous de sa moyenne de longue période et 9 points en-dessous de son niveau d’avant-crise – en février. En toute logique, compte tenu de la dégradation marginale de l’indice de confiance, la plupart de ses composantes n’ont connu que de très faibles mouvements, sauf une : l’opportunité d'épargner. Dans cette enquête menée entre le 20 juin et le 26 juillet auprès de 2.000 ménages, l’Insee rapporte ainsi que la part des ménages estimant qu’il est opportun d’épargner a augmenté pour le troisième mois consécutif en juillet : son solde gagne 9 points pour atteindre 23 points, dépassant ainsi sa moyenne de longue période qui est à 17. C’est son niveau le plus élevé depuis février… 2014 !
Un des éléments expliquant cette forte volonté d’épargner est évidemment la crainte du chômage. Dans l’enquête de l’Insee, si, en atteignant 76 points, l’indice relayant cette crainte est en baisse de deux points par rapport à juin, il se situe tout de même 43 points au-dessus de sa moyenne de longue période et 79 points au-dessus de son niveau d’avant-crise. "Avec un employé sur deux dans le privé temporairement au chômage et plus d'un million de personnes supplémentaires dans la population au chômage au cours des trois derniers mois, la situation sur le marché du travail reste exceptionnelle et préoccupante", analyse Julien Manceaux, économiste senior chez ING. Rappelons que dans ses dernières prévisions, la Banque de France a expliqué que cette épargne forcée devrait dépasser les 100 milliards d'euros sur l'année. Sa consommation permettrait au PIB de la France de revenir à son niveau d’avant-crise à la fin 2021, soit 9 mois avant ce qui est prévu par le scénario central de l'institution monétaire.
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