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Inflation / ménages / confiance
États-Unis : l’inflation mine les ménages
L’inflation aura fait parler d’elle la semaine passée. Mercredi, le Bureau du travail a ainsi indiqué que l’indice des prix à la consommation avait crû de 0,8 % en avril (en glissement mensuel, soit une inflation à deux chiffres en rythme annualisé) quand les analystes attendaient une hausse de 0,2 %. En cause ? Pour un tiers, cette augmentation fut le fruit de l’envolée des prix des voitures d’occasion. Par ailleurs, les prix ont également significativement crû pour les nuits d'hôtel, les billets d'avion, les loisirs, les assurances automobiles, et l'ameublement.
Deux jours plus tard, le consensus a encore fait fausse route, et c’est cette fois-ci la confiance des consommateurs américains, mesurée par l’enquête très suivie de l'université du Michigan, qui a surpris. En effet, l'indice de confiance préliminaire calculé par l'université pour le mois de mai, a fléchi à 82,8 points, contre 88,3 en avril, ce alors que les économistes sondés par le Wall Street Journal l'attendaient à un niveau plus élevé, à 90,1. La cause de cette dégringolade est l'anticipation d'une inflation plus forte cette année et à plus long terme, a souligné l'économiste en chef de l'université, Richard Curtin. Selon le rapport, les ménages anticipent un taux d'inflation de 4,6 % à un an, contre 3,4 % en avril, et pour les cinq prochaines années, la hausse des prix devrait s'inscrire à 3,1 %, contre une progression attendue de 2,7 % le mois précédent soit des plus hauts depuis dix ans. Évidemment, des anticipations d’inflation en hausse impliquent "que les attentes en matière de revenus réels sont les plus faibles depuis cinq ans", a ajouté Richard Curtin.
Le pourcentage net de mentions - faites par les ménages interrogés – d’une hausse des prix des maisons, des véhicules et des biens durables n'a jamais été aussi important depuis… 1980, quand les États-Unis étaient alors aux prises avec une inflation particulièrement élevée. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir selon Mahir Rasheed, économiste d’Oxford Economics, qui avance que "le caractère transitoire des pressions sur les prix dans le contexte actuel laissera place à une amélioration de la confiance des consommateurs dans les prochains mois".
À l’inverse, Andrew Hunter, économiste senior chez Capital Economics estime qu'après les données relativement décevantes du mois dernier sur l'activité et l'emploi, ses craintes d'une augmentation rapide des salaires et des prix qui pourrait commencer à freiner la reprise économique, se voient renforcées. Alors que la semaine dernière, trois des six membres (Lael Brainard, Richard Clarida, Christopher Waller) du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), ont réaffirmé que la hausse actuelle de l'inflation était de nature passagère, Andrew Hunter juge qu'il va devenir, "de plus en plus difficile" pour la Banque centrale américaine de prétendre que l'inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) "va miraculeusement revenir à son objectif de 2 % d'ici l'année prochaine".
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