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Quand l’UE ne sait pas de quoi l’avenir est fait

Macro-économie / Taux / Union européenne / taux d'incertitude / confiance / BCE

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Union européenne / taux d'incertitude / confiance / BCE

L'incertitude explose en zone euro

Les économistes n’ont jamais été autant en désaccord à propos des performances à court terme de la zone euro. Deux économistes de la Banque centrale européenne reviennent sur les conséquences de l'incertitude sur les comportements économiques des ménages et des entreprises.
Euro - logo
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La crise de coronavirus, les mesures de confinement qui en ont découlé, et son impact sur  l'économie, ont eu pour effet d’augmenter à des niveaux historiquement élevés l’incertitude, notamment dans la zone euro, nous expose la BCE dans un rapport. Cette "incertitude" dont il est question est à la fois celle de l’avenir du virus (continuera-t-il à se propager ? Quand trouverons-nous un traitement efficace ?) et celle de l’évolution de l’économie dans ce contexte très particulier. L’étude qu'Arne Gieseck et Svetlana Rujin, économistes à la BCE, nous proposent, revient sur les niveaux d’incertitude ces treize dernières années, et montre que les experts n’ont jamais eu d’avis aussi divergents quant à l’avenir de la zone euro que depuis que la Covid-19 s’y propage (soit depuis février 2020). C’est surtout la dispersion des points de vue des experts et l’incertitude macroéconomique qui atteignent des pics remarquablement élevés, passant du simple au quadruple par rapport à la moyenne de ces 13 dernières années.

Quelles conséquences cette forte incertitude a-t-elle sur l’activité économique de la zone euro ?

Les décisions des entreprises en matière d’investissement et d’emploi sont ainsi modifiées face à l’augmentation de l’incertitude en zone euro : comme une annulation des démarches engagées peut être coûteuse, et qu’elles manquent de confiance en leurs capacités à aller jusqu’au bout de ces démarches, l’inaction est généralement préférée à toute décision, en attendant des projections plus certaines. Par ailleurs, une forte incertitude augmente généralement l’aversion au risque, et de manière corollaire elle freine les motivations à emprunter, car les coûts de financement et les primes de risques augmentent aussi. Les ménages pourraient, enfin, également changer leur comportement, comme il est déjà observé depuis le début de l’année. L’épargne de précaution a tendance à beaucoup augmenter avec l’incertitude, réduisant dans le même temps la consommation, ce qui ralentit encore l’activité économique et la croissance du PIB.

Cependant, précisent les experts, ces impacts négatifs restent significatifs seulement à très court terme : "l’impact cumulé sur le niveau du PIB réel un an après le [pic d'incertitude] est estimé à environ 0,4 %. Par la suite, l’importance de l’impact diminue", souligne le rapport. Reste à s'assurer que ce pic d'incertitude reste un pic, et ne demeure pas à son niveau actuel trop durablement. Car le problème principal de cette incertitude accrue, c’est qu’elle engendre un phénomène de cercle vicieux : plus elle continue dans le temps, plus l’économie aura tendance à ralentir via tous les canaux cités précédemment (baisse des emprunts, de l’épargne, de l’investissement…), et plus l’incertitude aura tendance à durer.

Un serpent qui se mord la queue, donc, mais que nous avons plusieurs moyens de terrasser. D’abord, une course mondiale entre les laboratoires a été engagée pour trouver une solution médicale efficace à la Covid-19. Le vaccin augmentera à n’en pas douter la confiance générale en zone euro, ce qui stimulera à nouveau la croissance et, parallèlement, fera chuter l’incertitude. Une autre manière d’éviter un accroissement de l’incertitude et une chute de la confiance est pour les politiques de mettre en place certaines mesures économiques qui rassureraient la population et les entreprises, à l’instar des plans de relance massifs mis en place en zone euro. À cet égard, la BCE montre d’ailleurs que l’incertitude quant aux politiques économiques mises en place a fortement diminué dans le courant de 2020 après un pic en début d’année, ce qui confirme que les plans de soutien réinstallent une certaine stabilité dans cette atmosphère économique bancale.

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