Macro-économie / Taux / croissance / confiance / Marchés financiers
Macro-économie / Taux
croissance / confiance / Marchés financiers
Pandémie : le retour de la peur en Europe
Coup de massue sur les marchés de la zone euro, après l'annonce hier par le Président français de l'instauration d'un couvre-feu dans les 8 agglomérations de l'Hexagone où le virus se propage le plus rapidement, dont la plus peuplée du pays, l'Ile de France. Ces mesures ont fait dégringoler l'ensemble des places financières du Vieux Continent ce matin, en particulier celles les plus affectés par le rebond épidémique : en milieu de journée, le CAC 40 reculait de de 2,25%, l'indice espagnol de 2,12%%, le Footise britannique de 2,26%, tandis que l'indice allemand perdait près de 3%.
Les nouvelles mesures dévoilées dans l'Hexagone ont achevé d'inquiéter les investisseurs concernant la gravité de cette seconde vague, alors que de nombreux gouvernements d'Europe de l'Ouest ont réinstauré ces dernières semaines des mesures de reconfinement localisé. En Grande-Bretagne, Boris Johnson vient d'annoncer le passage de Londres en niveau d'alerte élevé, après avoir annoncé en milieu de semaine la fermeture totale des bars et restaurants dans les villes les plus touchées par le virus, tandis qu'en Allemagne, la chancelière a encore réduit le nombre de participants à des événements privés, décrété la fermeture des bars à partir de 22 heures à Berlin et annoncé que des règles encore plus draconiennes seront imposées si le chiffre de 50 nouvelles contaminations pour 100 000 habitants est franchi. En Belgique l'un des pays où le nombre de nouveaux cas est le plus important, des couvre-feux ont été instaurés dans les deux provinces les plus atteintes. Enfin, l'état d'urgence a été rétabli à Madrid, où un reconfinement partiel a été réinstauré depuis le début du mois.
Alors que la pandémie semblait être derrière nous et que les chiffres économiques du troisième trimestre laissaient envisager un solide rebond sur la seconde partie de l'année, le déferlement de la seconde vague dans une bonne partie de l'Europe de l'Ouest depuis le début du mois de septembre a fait voler en éclat ces espoirs. Les enquêtes de confiance sont d'ailleurs nettement moins bonnes depuis quelques semaines : mardi matin, l'indice allemand ZEW du sentiment économique pour le mois d'octobre s'est effondré de 21,3 points, pour atteindre 56,1 - alors que le consensus tablait sur un niveau situé autour de 71. "La hausse récente du nombre de cas de Covid-19 a accru l'incertitude, comme la perspective d'une sortie du Royaume Uni de l'UE sans accord", a ainsi expliqué le président du centre Zentrum für Europaische Wirtschaftsforschung, Achim Wambach. De même, l'indice PMI des services en zone euro pour le mois de septembre est-il toujours situé sous le seuil des 50, niveau annonçant une contraction de l'activité, qui devrait être plus particulièrement prononcée en Espagne et dans une moindre mesure en France et en Italie. Le PMI des services espagnol a chuté de 47,7 en août à 42,4 en septembre, le secteur étant très affecté par la résurgence de l'épidémie, qui freine la demande, notamment celle en provenance de l'étranger.
Dans ce contexte de perte de confiance généralisée, les valeurs refuges tirent leur épingle du jeu : ce matin, le rendement du Bund a touché son plus bas niveau depuis la mi-mars, où il s'était effondré après les annonces de confinement. En milieu de journée, les obligations allemandes à dix ans s'échangeaient autour de -0,6% contre 0,5% en début de semaine ; de même le taux des titres français à dix ans, parmi les mieux notés de la zone euro, s’est contracté passant de -0,3 à -0,35%. Ce qui a d'ailleurs permis à l'Hexagone de lever ce matin un peu plus de 7 milliards à moyen terme à moindre coût : les obligations à 5, 6 et 7 ans se sont adjugées à un rendement respectif de -0,7%, 0,64% et -0,59%. Enfin, le rendement des Treasuries, autre placement refuge privilégié, était également en baisse à la mi-journée et s'échangeait à un taux de 0,6% contre 0,7% la veille. Une contraction qui s'explique par le retour de l'aversion au risque, alors que le Secrétaire au Trésor américain a déclaré hier soir qu'il était très peu probable que le Congrès parvienne à un accord sur le stimulus avant les élections.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

