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Macro-économie / Taux / Dette mondiale / S&P Global Ratings

Macro-économie / Taux
Dette mondiale / S&P Global Ratings

La dette mondiale n’en finit plus de tutoyer les sommets / Elle représente trois fois et demie la richesse annuelle planétaire produite

300.000 milliards de dollars ; jamais la dette mondiale n’avait atteint un tel montant en valeur absolue, pointe une étude de l’agence de notation S&P Global Ratings. Rapportée au Produit intérieur mondial (349%), elle devrait augmenter d’au moins dix-sept points d’ici sept ans.  
James LEYNSE/REA
James LEYNSE/REA

La course folle de la dette mondiale continue. Les dernières données disponibles indiquent qu’elle a atteint un niveau inédit de 300.000 milliards de dollars, selon une étude de l’agence de notation S&P Global Ratings. Rapportée au Produit intérieur brut (PIB) mondial, elle s’établit à 349%.

Ainsi les 300 000 milliards de dollars représentent 37.500 dollars de dette pour chaque personne dans le monde, alors que le PIB par habitant n'est que de 12.000 dollars. Par rapport à l’avant-crise financière mondiale (2007), le bond s’élève à 71 points de PIB porté majoritairement par l’endettement des Etats ayant bondi du fait de l’explosion des déficits publics générés pour faire face aux crises économiques.

 

Contexte hostile

 

La dette atteint un haut niveau dans un contexte où les taux d’intérêt ont fortement augmenté l’année dernière du fait de la normalisation puis du resserrement monétaire menés par les Banques centrales en réponse à la forte inflation et de l’exigence de plus hauts rendements de la part des investisseurs.

En moyenne, les deux plus puissants instituts d’émission ont ainsi augmenté leurs taux directeurs de 300 points de base (425 points de base pour la Fed et 200 points de base pour la BCE). De sorte que, "l'application de la moyenne des deux taux sur la partie de la dette à taux variable (nous supposons que 35 % de la dette est variable et 65 % est fixe) implique une charge d'intérêt annuelle supplémentaire de 3 000 milliards de dollars", expliquent Terry Chan et Alexandra Dimitrijevic, auteurs de l’étude. Concernant les dettes à taux fixe, ce montant augmenterait au fil du temps pour atteindre 8 600 milliards de dollars, soit 1.080 dollars par habitant.

 

Trois scénarios

 

L’étude de S&P Global Ratings envisage trois scénarios pour la dizaine d’années à venir. D’ici à 2030, le plus probable est que le levier d'endettement total mondial  (dette rapportée au PIB) augmentera de 5 % par an, soit à peu près le même taux que celui de la période de huit ans précédant l'arrivée de la pandémie en 2020. "Nous pensons que l'endettement augmentera légèrement plus vite sur les marchés matures que sur les marchés émergents, car nous prévoyons une croissance du PIB plus forte sur ces derniers", indique l’étude. Le ratio dette/PIB mondial pourrait alors atteindre 366 % en 2030.

Dans un scénario moins favorable, le ratio dette/PIB prévu pourrait atteindre 391 % d'ici 2030 : sa dynamique pourrait être notamment nourrie par le fait que "les gouvernements cèdent aux demandes populistes".

Enfin, le scénario "optimiste", suppose un reflux du ratio à 321% du PIB - soit un retour au niveau de 2016. "Cela n'implique pas qu'aucune nouvelle dette ne se forme, mais plutôt que la nouvelle dette productive remplace l'ancienne dette improductive", juge l'étude. 

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