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S&P Global Ratings / France / note
S&P Global Ratings sermonne à son tour la France / Sa note souveraine est placée sous perspective négative
Après le Fonds monétaire international (FMI), c’est l’agence de notation S&P Global Ratings qui se montre préoccupée par les perspectives budgétaires de la France. C’est à ce titre que la firme américaine a annoncé avoir placé sous perspective négative la note souveraine de la France ; si l’Hexagone garde pour l’instant son AA, il pourrait ainsi se voir être dégradé dans les temps à venir. "La perspective négative reflète notre opinion sur les risques croissants pour les finances publiques de la France et la réduction des marges de manœuvre budgétaires qui en résulte", a justifié l’agence de notation.
Pour 2023, les équipes de S&P Global Ratings se montrent plus pessimistes que le gouvernement dans un contexte où les chocs se multiplient (inflation, énergie, taux d’intérêt). Cela aura un impact négatif sur la consommation (plus de la moitié du PIB français), l'investissement, le commerce et la confiance, indique l’agence. Elle prévoit ainsi une croissance du Produit intérieur brut (PIB) quasi-nulle l’an prochain (0,2 %) quand le gouvernement anticipe une progression de 1 %. En conséquence de quoi, le déficit public attendu par l’agence s’établit à 5,4 % du PIB (contre 5 % selon le gouvernement).
Par ailleurs, à moyen terme, le reflux du déficit public anticipé par l’exécutif interroge également S&P Global Ratings. "Des risques importants pèsent sur l'exécution des objectifs budgétaires officiels, compte tenu des incertitudes qui pèsent sur les économies mondiale et européenne. En l'absence de nouveaux efforts budgétaires structurels, nous pensons que le déficit restera supérieur aux objectifs officiels, malgré une croissance économique robuste à partir de 2024 et un marché du travail résilient", lit-on dans la note de l’agence.
Rappelons qu’en 2027, le gouvernement prévoit de ramener sous les 3 % du PIB son déficit public. Si d’aucuns, tels que le Haut Conseil des finances publiques, jugent cet objectif insuffisamment ambitieux, d’autres comme S&P estiment qu’il n’a rien d’évident à atteindre au regard du contexte institutionnel. En effet, "cela suppose la mise en œuvre d'une série de réformes structurelles visant à atteindre le plein-emploi dans les cinq prochaines années. Toutefois, l'absence de majorité absolue au parlement depuis les élections générales de juin 2022 pourrait compliquer le programme de réformes", avance l’agence.
Un argument qui ne convainc guère au ministère des Finances. "Nous avons déjà mis en œuvre la réforme de l’assurance-chômage et les principaux paramètres de la réforme des retraites seront annoncés dans les prochaines semaines", confie-t-on à WanSquare du côté de Bercy.
S&P Global Ratings a donné la condition pour qu’une dégradation de la note de la France soit susceptible d’avoir lieu : il faudrait qu’une absence de déclin du ratio dette publique rapportée au PIB soit observée sur la période 2023-2025. "Il n’y a aucune fatalité. S&P, d’ailleurs, avait déjà une fois placé notre note sous perspective négative pendant 2 ans avant de se raviser", rappelle-t-on à Bercy. À l’inverse, la perspective de la note pourrait être ramenée à stable si les déficits publics s’avéraient moins élevés que prévu et donc que le ratio dette publique rapportée au PIB baissait.
À noter qu'en plus de S&P Global Ratings (AA), Moody’s (Aa2) et Scope (AA), ont annoncé vendredi dernier, le maintien de la notation souveraine de la France. En revanche, si S&P a révisé à la baisse sa perspective, Moody’s et Scope ont confirmé le maintien d’une perspective "stable" associée à cette notation.
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