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Macro-économie / Taux / note / Etats-Unis / Agence de notation / taux d'intérêt

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Le couperet est tombé pour les États-Unis / Fitch Ratings dégrade leur note de crédit

Creusement du déficit public, charge d’intérêts élevée et croissante, errements en matière de gouvernance… autant d’éléments qui ont poussé l’agence de notation américaine à dégrader d’un cran le AAA de l’Oncle Sam.
Joe Biden, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP
Joe Biden, président des Etats-Unis - Brendan SMIALOWSKI / AFP

Après S & P il y a plus d’une décennie, c’est au tour de Fitch Ratings de retirer leur AAA aux États-Unis. L’agence de notation américaine a annoncé dégrader d’un cran, à AA +, la note de crédit de la première puissance économique mondiale. L’Oncle Sam était dans le viseur de Fitch Ratings depuis de nombreux mois : à la fin du printemps, elle avait même indiqué qu’il y avait une forte probabilité qu’une dégradation ait lieu.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi l’agence de notation américaine a pris cette décision.

 

Plafond handicapant

 

D’une part, les États-Unis souffriraient d’une dégradation de la qualité de leur gouvernance depuis une vingtaine d’années. Sont ici pointées du doigt, les multiples impasses politiques liées aux négociations sur le plafond de la dette.

Pour mémoire, l’Etat fédéral ne peut s’endetter au-delà d’un certain plafond, de sorte que ce dernier doit être soit augmenté, soit suspendu, pour que la puissance publique puisse continuer de faire face à l’ensemble de ses obligations (dont celle d’assurer le service de sa dette sans quoi elle serait déclarée en défaut). Ce phénomène répété (tous les neuf mois en moyenne depuis 1960 et il a encore frappé durant le premier semestre 2023) d’âpres négociations portant sur le plafond de la dette et les résolutions de dernière minute en ayant découlé ont "érodé la confiance dans la gestion budgétaire", plaide Fitch.

 

Déficit et dette publics en hausse

 

D’autre part, l’agence de notation s’attend à un creusement prochain du déficit public. "Le déficit des administrations publiques devrait atteindre 6,3 % du PIB en 2023, contre 3,7 % en 2022, en raison de la baisse cyclique des recettes fédérales, de nouvelles initiatives en matière de dépenses et d’une charge d’intérêts plus élevée. En outre, les États et les collectivités locales devraient enregistrer un déficit global de 0,6 % du PIB cette année, après avoir dégagé un léger excédent de 0,2 % du PIB en 2022", détaille-t-elle. Fitch prévoit par ailleurs un déficit public de 6,6 % du PIB en 2024 et à 6,9 % du PIB dans deux ans.

Conséquence de ces soldes publics de plus en plus déficitaires, le ratio dette publique/PIB devrait augmenter au cours de la période de prévision, pour atteindre 118,4 % en 2025. Un ratio plus de deux fois et demie supérieur à la médiane des pays "AAA" (39,3 % du PIB) et à la médiane "AA" (44,7 % du PIB). Et "les projections à plus long terme prévoient de nouvelles augmentations du ratio dette/PIB, ce qui accroît la vulnérabilité de la situation budgétaire des États-Unis aux chocs économiques futurs", juge l’agence de notation. Cette hausse du poids la dette publique, conjuguée à la forte remontée des taux d’intérêt, devrait conduire le ratio charges d’intérêts/recettes publiques à atteindre 10 % en 2025 (contre 2,8 % pour la médiane "AA" et 1 % pour la médiane "AAA").

Pourtant censés être un tant soit peu influencés par les notes octroyées par les agences, les marchés obligataires n’ont pas réagi à la suite de l’annonce de Fitch. Le taux d’intérêt à dix ans des États-Unis demeure autour de 4 %.

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