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La France au révélateur des agences de notation / La note hexagonale entame un triptyque périlleux
Le coup d’envoi donné ce vendredi par Moody’s est attendu avec impatience, la série d’actualisation des notes délivrées par les agences de notation durera jusqu’au 1er décembre. Elle verra Fitch prendre la suite le 27 octobre puis Standard & Poor’s clôturer le bal. La première agence à rendre son verdict accorde pour l’instant la note Aa2 et des perspectives stables, reste à savoir de quel œil sera perçu le projet de loi de finances pour l’année à venir.
Les craintes sur la capacité de la France à réduire sa dette sont réelles depuis de longs mois, une dégradation des conditions de financement de la France pourrait contrecarrer les plans du gouvernement. Dès cet été, ING s’était fait l’écho des estimations de la Banque de France, selon lesquelles "chaque hausse de 1 % des taux d’intérêt conduit, au bout de 10 ans, à une augmentation de la charge annuelle d’intérêt de 1 point de PIB (soit 40 milliards d’euros), et à une augmentation de la dette de 5,5 points de PIB, par rapport à une situation sans hausse des taux".
Trajectoire en doute
Les analystes jugeront ainsi de la crédibilité des autorités françaises. L’ambition de leur trajectoire de déficit public est remise en question depuis plusieurs semaines déjà notamment par le Haut conseil des finances publiques. Et ce alors que la France n’a pas une très grande marge de manœuvre budgétaire et sera contrainte l’an prochain d’emprunter un montant record sur les marchés où les obligations souveraines n’ont pas le vent en poupe ces dernières semaines.
Andrew Craig de chez BNP Paribas Asset Management, jugeait la semaine passée qu’en "Europe, les déficits budgétaires persistants, associés à la possible accélération par la Banque centrale européenne de son programme de resserrement quantitatif, maintiendront probablement les volumes nets d’offre d’obligations souveraines à un niveau élevé".
Pour le moment, les obligations assimilables du Trésor français ont un rendement à 10 ans qui est stable vers 3,5 %, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis l’année 2011 mais qui reste moins élevé que d’autres pays européens tels que son voisin italien. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, avait promis des "réformes structurantes" au printemps lorsque la France s’était retrouvée au révélateur des agences de notation. Reste à savoir si les actes posés et la conduite de la politique budgétaire menée depuis convaincront les analystes.
À noter que la France avait été au printemps mise à l’amende par l’agence de notation Scope Ratings, qui avait pointé une adoption de la réforme des retraites "sans vote parlementaire, ce qui a entraîné une détérioration de ses relations avec les syndicats, qui pourrait peser sur la capacité du gouvernement à dégager un consensus autour de réformes supplémentaires". La seule donne financière ne suffira donc peut-être pas à rassurer les agences de notation.
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