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Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / obligations / Marchés financiers

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Banque d'Angleterre / obligations / Marchés financiers

La Banque d’Angleterre solde les comptes obligataires du passé / Elle a liquidé les titres acquis en pleine tempête sur les marchés financiers

Tandis qu’elle avait dépensé près de vingt milliards de livres pour préserver la stabilité financière du Royaume-Uni en réponse aux fortes secousses obligataires de l’automne liées à la politique budgétaire du gouvernement, la vieille dame de Threadneedle Street a annoncé avoir terminé les ventes de titres qu’elle avait achetés.
Liz Truss, ancienne Première ministre du Royaume-Uni - Tayfun Salci/ZUMA Press/ZUMA/REA
Liz Truss, ancienne Première ministre du Royaume-Uni - Tayfun Salci/ZUMA Press/ZUMA/REA

Sa mission accomplie, la Banque d’Angleterre (BoE) a fini de faire le ménage dans son bilan. Elle vient d’annoncer avoir vendu l’intégralité du stock d’obligations qu’elle avait acquises au début de l’automne dernier tandis que le Royaume-Uni faisait face à une terrible tempête sur les marchés des titres à revenu fixe.

Pour rappel, les marchés obligataires avaient dégringolé fin septembre à la suite du discours du Chancelier de l’Échiquier Kwasi Kwarteng sur le "mini-budget", discours qui promettait une hausse importante des dépenses publiques conjuguée à des baisses d’impôts significatives, une politique défendue ardemment par Liz Truss, l'éphémère Première ministre. Les titres d’État britanniques à longue échéance avaient vu leur rendement s’envoler d’une centaine de points de base (les taux d’intérêt des obligations à 10 et 30 ans ont respectivement atteint 4,5 % et 5 %).

Dans la foulée et tandis qu’elle craignait pour la stabilité financière, la BoE est alors montée au créneau en effectuant des achats d’obligations afin de rétablir "des conditions de marché ordonnées" à la suite de ce qu’elle juge être un "dysfonctionnement du marché des obligations d’État" et, ce faisant, réduire les risques de contagion aux conditions financières auxquelles font face ménages et entreprises. Au total, entre le 28 septembre et le 14 octobre, la Banque d'Angleterre a acheté pour 19,3 milliards de livres sterling d’obligations d’État (dont 7,2 milliards de livres sterling d’obligations d’État indexées).

Et ce stock vient d’être réduit à 0 alors que l’institut d’émission avait commencé à dénouer ses positions le 29 novembre dernier. Et compte tenu de la détente à laquelle on a assisté sur les taux d’intérêt outre-Manche, la Banque d’Angleterre a pu réaliser un profit lors de cette opération. "Il atteint environ 3,8 milliards de livres sterling", a indiqué Andrew Bailey, gouverneur de la Banque d’Angleterre, à l’occasion d’une audition à la Chambre des communes ce lundi.

Andrew Bailey juge que la hausse de la prime de risque demandée par les investisseurs à la suite des velléités budgétaires expansionnistes de Liz Truss s'est "pratiquement" résorbée. Aujourd'hui, les taux britanniques à dix ans ont retrouvé le niveau qu'ils affichaient avant le choc qui les a affectés. Pour autant, le retour à la normale n'est pas complet, notamment en termes de liquidité, a souligné Jonathan Hall, membre du Comité de politique monétaire de la BoE, durant son audition au Parlement aux côtés d'Andrew Bailey. Le bid-offer spread (différence entre le prix demandé par un investisseur pour vendre un actif et celui auquel un investisseur veut l'acheter) se situe 100 points de base au-dessus de son niveau pré-crise (contre 250 points de base au moment du choc).

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