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UBS / Crédit Suisse / Ralph Hamers
UBS qui rit / Les énormes bénéfices du leader suisse alimentent ses rachats d’actions
Jamais les deux plus grandes banques helvètes n’avaient connu une année aussi diamétralement opposée. Tandis que Credit Suisse poursuit son remaniement interne en cherchant le moyen de sortir d’une situation financière alarmante, sa consoeur UBS se porte bien. Elle a généré l’an dernier un bénéfice net presque aussi important que les plus de 8 milliards de dollars de perte prévus Credit Suisse, qui publiera ses comptes annuels le 9 février.
L’établissement dirigé par Ralph Hamers a annoncé mardi une hausse de son bénéfice net au quatrième trimestre, qui s’est élevé à 1,65 milliard de dollars, à comparer au 1,35 milliard de dollars en 2021. Et ce, bien que son produit net bancaire ait reculé à 8 milliards de dollars, contre 8,71 milliards de dollars un an plus tôt. Dans le même temps, UBS a vu son bénéfice avant impôt progresser de 12 %, à 1,94 milliard de dollars, mais avec de fortes disparités selon les métiers, entre un bond de 88 % du profit avant impôts de l’activité de gestion de fortune, à 1,1 milliard de dollars, et des activités de gestion d’actifs et de banque d’investissement tout juste bénéficiaire (0,1 milliard de dollars).
La gestion de fortune justement, dont UBS est le numéro un mondial, s’est particulièrement distinguée. La banque a collecté 23,3 milliards de dollars dans cette activité au cours du trimestre écoulé, profitant des déboires de Credit Suisse confronté sur la même période à d’importantes sorties de capitaux sous l’effet des spéculations qui ont entouré ses difficultés.
Au total, UBS a terminé l’année avec un bénéfice net annuel de 7,6 milliards de dollars, supérieur aux 7,28 milliards de dollars anticipés par le consensus des analystes.
Des tendances plus atténuées
Pour autant, le tableau paraît peut-être plus idyllique qu’il ne l’est en réalité. Pour les analystes de Jefferies, ces résultats, " solides à première vue " masquent en effet " des tendances sous-jacentes plus mitigées ", expliquent-ils. "En examinant les comptes en détail, notre forte première impression est tempérée par le fait que l’augmentation des bénéfices est en fait due à des revenus ponctuels et à un faible taux d’imposition".
Ce qui ne les empêche pas de souligner " la forte distribution aux actionnaires" du premier groupe bancaire suisse. Celui-ci a annoncé qu’il proposerait un dividende de 0,55 dollar par action au titre de l’exercice 2022, mais surtout qu’il comptait racheter pour plus de 5 milliards de dollars de ses propres actions en 2023. Une générosité permise par une solide situation financière, reflétée dans un ratio de solvabilité CET1, qui s’établissait à 14,2 % à la fin décembre, contre 14,4 % au 30 septembre.
"Nous avons obtenu de bons résultats pour l’ensemble de l’année et de solides résultats au quatrième trimestre dans un environnement macroéconomique et géopolitique difficile ", a commenté pour sa part, le directeur général, Ralph Hamers.
Se projetant sur 2023, le dirigeant fait preuve d’un optimisme prudent. Alors que "les perspectives macroéconomiques restent incertaines, notre résilience opérationnelle, la robustesse de nos fonds propres et la génération de capital nous placent en excellente position pour servir nos clients, financer la croissance et offrir un rendement élevé aux actionnaires", a-t-il indiqué.
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