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Macro-économie / Taux / Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France

Macro-économie / Taux
Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France

Agnès Bénassy-Quéré passe du budget à la monnaie / La cheffe économiste du Trésor devient sous-gouverneure à la Banque de la France

Jusqu’ici cheffe économiste de la direction générale du Trésor, la spécialiste en macroéconomie internationale et monétaire vient d’être nommée seconde sous-gouverneure de la Banque de France sur proposition de la Première ministre. Elle entrera en fonction le 27 février.
Agnès Bénassy-Quéré - Stephane AUDRAS/REA
Agnès Bénassy-Quéré - Stephane AUDRAS/REA

La successeure de Sylvie Goulard est désormais connue. Depuis le retour de l’ancienne ministre des Armées au Quai d’Orsay, la Banque de France était orpheline : le poste de second sous-gouverneur était vacant. Ce n’est plus le cas, Agnès Bénassy-Quéré, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, vient d’être nommée seconde sous-gouverneure sur proposition de la Première ministre Elisabeth Borne. Elle entrera en fonction le 27 février.

Âgée de 56 ans, Agnès Bénassy-Quéré est diplômée de l’ESCP Europe et titulaire d’un doctorat en économie obtenu à l’Université Paris-Dauphine. Sa thèse dirigée par Henri Sterdyniak, cofondateur de l’OFCE, fut soutenue en 1992 et portait sur la relation entre l’ajustement des taux de change et l’économie réelle.

L’étude des modèles de détermination des taux de change d’équilibre est d’ailleurs l’un des sujets auxquels sa carrière académique sera consacrée. Plus largement, ses travaux académiques en macroéconomie internationale sont reconnus, en particulier ceux traitant de la coordination entre les politiques monétaire et budgétaire, une problématique ô combien actuelle.

Passée par Bercy en qualité d’économiste en 1991, elle devient Maître de conférences à l’Université de Cergy-Pontoise au sortir de sa thèse et chercheure associée au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), institut spécialisé en économie internationale dépendant de Matignon.

Cette mère de trois enfants y gravit les échelons une quinzaine d’années durant et est nommée à sa tête à compter de 2006 (parallèlement, elle est devenue professeure à l’École Polytechnique en 2003). Six ans plus tard, c’est une autre prestigieuse institution liée au Premier ministre qu’elle aura le privilège de diriger : le Conseil d’analyse économique (CAE).

Les derniers travaux qu’elle y a signés en tant que présidente déléguée datent de l’été 2017 et furent rédigés aux côtés d’Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) et Jean Tirole, Prix Nobel d’économie. Les trois universitaires y discutaient du rôle de l’économiste dans le débat public.

Chercheure associée à l’institut Bruegel à partir de 2018, elle est sollicitée, au printemps 2020, par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, et Odile Renaud-Basso, alors directrice générale du Trésor, en vue de devenir cheffe économiste de la très influente direction de Bercy. La France est alors aux prises avec une crise économique terrible et elle confiera qu’à "un moment si critique, je ne pouvais pas refuser”.

Durant près de deux ans et demi, cette fonction l’aura vue, notamment, s’essayer à faire preuve de pédagogie auprès du grand public pour décrypter le comportement de l’économie française au cours d’une période marquée par des chocs aussi inédits que violents.

Sur son blog, elle a également tenté de justifier l’orientation de la politique économique du gouvernement. C’est ainsi que, revue de la littérature scientifique à l’appui, sa dernière note publiée il y a deux semaines s’efforce de démontrer le bien-fondé de la réforme de l’assurance-chômage que l’exécutif a menée.

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