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Macro-économie / Taux / Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France / Logement / Immobilier

Macro-économie / Taux
Agnès Bénassy-Quéré / Banque de France / Logement / Immobilier

La fin d’une ère pour le crédit à l’habitat / L’offre de logements pourrait en sortir davantage rationalisée

Il fait désormais largement consensus que l’ère des taux bas et des crédits à l’habitat à foison est révolue, et Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, se rallie à cette idée dans un billet récent. Cependant elle affirme également que la normalisation en cours pourrait amener à une offre plus rationnelle de nouveaux logements dans l’Hexagone. L’économiste avance dans le même temps que l’inégalité d’accès à la propriété n’a pas significativement augmenté.
Logement à vendre. Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Logement à vendre. Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Le temps de l’argent gratuit est révolu ". Agnès Bénassy-Quéré, seconde sous-gouverneure de la Banque de France, enfonce une porte ouverte dans son dernier billet de blog. Il est vrai cependant que l’économie hexagonale et tout particulièrement son pan immobilier n’est pas encore tout à fait habituée à ce nouvel environnement.

Le comportement des banques et de leurs clients sont scrutés attentivement alors que " tous les taux se sont décalés vers le haut ". L’ancienne membre du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) estime que " même si elles sont toujours contentes de recruter de nouveaux clients, les banques ne vont plus prêter à 2 % et encore moins à 1 %". Cependant elle ne s’inquiète pas outre mesure, au contraire elle voit des vertus à ce resserrement des conditions de crédits.

 

Normalisation en cours

 

L’économiste met notamment en perspective les chiffres d’avril qui font état de douze milliards d’euros de nouveaux crédits à l’habitat qui " ont été accordés, par les banques en France, [sont] en recul par rapport aux pics de 20 milliards d’euros par mois durant l’année 2021, mais à un niveau qui semble se stabiliser nettement au-dessus des montants observés durant la décennie 2005-2014 (9 milliards d’euros en moyenne) ".

L’argumentaire qu’elle déroule rappelle également qu’il faut observer que "le quasi-doublement du crédit à l’habitat entre les années 2005-2014 et les années 2015-2022", est à juger à l’aune de la hausse du PIB nominal de 49 % entre 2005 et 2022. Il ne serait donc aucunement anormal que face à l’envolée des taux d’intérêt on note une contraction de la demande de biens immobiliers, qui contribue également à faire baisser le prix des biens et in fine le volume de la production.

Une baisse des volumes et des prix qu’elle voit "finalement contribuer à une forme de rationalisation de l’offre de nouveaux logements en France en limitant le bourgeonnement de résidences secondaires et meublés touristiques". Elle va même jusqu’à voir dans cette normalisation une façon de "sensibiliser les investisseurs au risque de vacance".

 

Pas d’inégalité chez Marianne

 

La sortie d’Agnès Bénassy-Quéré intervient alors que le Haut conseil de stabilité financière (HSCF) se réunit demain, l’institution pourrait annoncer un assouplissement de ses recommandations dans le but d’inciter les établissements bancaires à prêter plus facilement. La seconde sous-gouverneure de la Banque de France estime que les emprunteurs les plus fragiles sont encore loin de voir leurs projets annihilés par les conditions de financement.

Elle argue notamment "que, malgré les limites imposées, les primo-accédants (les plus dépendants du crédit) n’ont pas été évincés du marché : leur part dans la production de crédit à l’habitat est en hausse, au détriment des acquéreurs déjà propriétaires, la part des prêts pour investissement locatif étant stable". Les plus jeunes sont également toujours présents et "la part des moins de 35 ans dans les prêts à l’habitat est en hausse depuis 2019 et n’a pas fléchi en 2022-2023", de la même façon "que la part des ménages dont les revenus sont inférieurs à trois fois le SMIC". De quoi lui faire dire qu’il " faut bien sûr rester vigilant, mais l’inégalité d’accès à la propriété ne semble pas avoir significativement augmenté à ce jour".

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