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Macro-économie / Taux / Banque du Japon / Normalisation monétaire

Macro-économie / Taux
Banque du Japon / Normalisation monétaire

La Banque du Japon a son nouveau patron / Tournant monétaire à venir ?

Contre toute attente, c’est le professeur d’économie Kazuo Ueda qui a été désigné par l’exécutif nippon pour prendre la suite d’Haruhiko Kuroda. Celui qui a appris auprès de l’un des plus grands théoriciens monétaires aux Etats-Unis aura pour tâche de conduire la - très probable - normalisation de la politique de la Banque centrale japonaise.
Banque du Japon - Tom WAGNER/REA
Banque du Japon - Tom WAGNER/REA

Une nouvelle page est sur le point de s’écrire à la Banque du Japon (BoJ). Le gouvernement a désigné son candidat pour devenir le nouveau patron de l’institution de Tokyo : il s’agit de Kazuo Ueda. Ce choix qui devra être validé par le parlement a surpris du côté des marchés financiers. En effet, ces derniers s’attendaient à ce que soit désigné Masayoshi Amamiya, adjoint de Haruhiko Kuroda, gouverneur de la BoJ depuis dix ans.

D’après la presse japonaise, la proposition lui aurait été faite mais il n’y aurait pas donné suite notamment car étant l’un des architectes de la politique ultra-accommodante menée par la BoJ ces dernières années, il ne se voyait pas comme étant l’homme de la situation dans un contexte où l’orientation monétaire de l’institut d’émission devrait être amenée à changer. Si Kazuo Ueda ne semble ainsi guère être le premier choix, son profil serait loin de faire tache à la tête de la BoJ.

Âgé de 71 ans, il est diplômé en mathématiques de l’université de Tokyo et possède un doctorat obtenu au Massachussetts Institute of Technology (MIT) en 1980. À Cambridge, il effectue sa thèse sous la direction de Stanley Fischer, successivement gouverneur de la Banque d’Israël et numéro deux de la Fed, sommité en économie monétaire et mentor de nombreux banquiers centraux : Ben Bernanke, ancien président de la Fed et Prix Nobel d’Economie, ainsi que Mario Draghi, ancien président de la BCE, comptèrent parmi ses étudiants.

Dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, Kazuo Ueda enseignera l’économie au Canada ainsi qu’au Japon. Il intégrera le conseil des gouverneurs de la BoJ en 1998. Il est alors l’un de ceux participant à la conception des premières mesures non conventionnelles mises en place par la Banque centrale nippone, notamment les programmes massifs d’achats d’actifs sur les marchés obligataires (quantitative easing), alors que l’Archipel est aux prises avec une inflation durablement nulle.

Par la suite, il est devenu professeur à l’université de Tokyo et depuis 2017 à la Kyoritsu Women’s University. L’arrivée de Kazuo Ueda semble conforter la thèse d’une normalisation à venir de la politique monétaire du Japon, d’après les marchés. Dernière Banque centrale des pays avancés à ne pas avoir augmenté ses taux d’intérêt, il se pourrait qu’elle franchisse bientôt le pas. Si la BoJ s’en défend, sa manœuvre de décembre dernier, mois au cours duquel elle a annoncé élargir la bande de fluctuations à l’intérieur de laquelle le taux souverain nippon à 10 ans peut se mouvoir, a été interprétée comme un premier geste de normalisation. Pour mémoire, en vue d’assouplir fortement les conditions financières, l’institut d’émission a fixé depuis plusieurs années son taux d’intérêt à court terme à -0,1 % et opère en sorte à ce que le taux d’intérêt à 10 ans évolue entre -0,5 % et 0,5 %. Il s’agit d’une politique de contrôle de la courbe des taux à laquelle aucune autre Banque centrale ne s’est adonnée.

Cette politique pourrait bien être en train de vivre ses dernières heures tandis que l’inflation a atteint un record depuis 1981 en décembre 2022, à 4 %. Si elle est due à l’envolée des prix de l’énergie, des indicateurs sous-jacents paraissent corroborer l’idée d’une accélération fondamentale des prix à la consommation. "La hausse des salaires de 4,8 % en décembre (bonus inclus) est inédite dans l’archipel depuis 25 ans", souligne ainsi Axel Botte, stratégiste chez Ostrum Asset Management qui anticipe que "des ajustements monétaires sont à prévoir à partir d’avril".

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