Publications, Résultats / Carrefour / distribution alimentaire / grande distribution / Inflation / Brésil / Bourse / rachat d'actions
Publications, Résultats
Carrefour / distribution alimentaire / grande distribution / Inflation / Brésil / Bourse / rachat d'actions
Carrefour dégage un flux de trésorerie record / L'opération séduction de la Bourse se poursuit
Carrefour signe la plus forte hausse du CAC 40 au lendemain de la publication de ses résultats annuels : le titre a frôlé les 10% de hausse en fin de matinée à la Bourse de Paris. Et pour cause, le premier distributeur européen a fait état d’une solide performance, "sans surprises majeures", commentent les analystes de chez Stifel et en dépit d’une une année 2022 marquée par l’inflation galopante en Europe et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement.
"Carrefour a donc prouvé la force de son modèle et a tenu ses engagements. Je voudrai le souligner, puisque cela démontre le contrôle de nos opérations et la discipline financière que nous nous sommes imposés sur les cinq dernières années", se félicite Alexandre Bompard, président-directeur général du groupe à l’occasion d’un appel avec la presse et les analystes. Sur les douze derniers mois, les ventes de Carrefour se sont appréciées de 8,5 % en données comparables, pour atteindre un montant de 90,8 milliards d’euros.
Les marques Carrefour et premiers prix en vogue
Le tout malgré un pouvoir d’achat de ses consommateurs érodé par l’inflation. La priorité stratégique offerte aux produits de la marque Carrefour et de la gamme premiers prix "Simp’l" a porté ses fruits, puisqu'elles ont été plébiscitées par la clientèle : elles représentent plus d’un tiers du chiffre d’affaires. La gestion des coûts est quant à elle restée stricte, avec un objectif d’un milliard d’euros d’économies atteint sur l’année.
Le résultat opérationnel courant (ROC) du groupe progresse ainsi de 8 % à 2,37 milliards d’euros et celui de la maison mère française de 10 % à 1,2 milliard d’euros. Il y a deux points positifs, relèvent les analystes de Stifel. D’abord, "une amélioration de la marge de ROC en France [de 7 points de base, à 2,2 %]. Le management a confirmé que les gains de parts de marché dans l’alimentaire (…) ont dépassé les gains en valeur (…) soit une évolution saine dans la distribution alimentaire". Puis, "le Brésil, qui est de loin le deuxième marché le plus important de Carrefour, [et qui] a presque stabilisé sa marge de ROC", en recul de seulement 6 points de base en excluant le rachat en juin dernier de Grupo Big.
De nouveaux rachats d'actions
Les coûts liés à l'intégration de Grupo Big sur l’année n’auront pas empêché le distributeur de porter son cash-flow libre net à "un nouveau record" de 1,26 millions d’euros, en hausse de 35 millions d'euros sur un an. De ce fait, un dividende de 56 centimes par action sera proposé aux actionnaires à leurs prochaine assemblée générale (26 mai 2023), en progression de 8 % par rapport à l’année précédente. Et un programme de rachat d’actions, en vue de leur annulation, de 800 millions d’euros sera étalé sur l'année. Une mesure destinée à soutenir le cours de Bourse de Carrefour, qui avait déjà racheté 750 millions d'euros de ses actions en 2022 et 700 millions d'euros en 2021.
Cap sur 2023 donc, même si la direction ne se risque pas à donner de prévisions chiffrées. Mais le groupe vise tout de même une croissance pour ses indicateurs financiers (excédent brut d’exploitation, ROC et free cash-flow net qui devrait dépasser 1,7 milliard d’euros d’ici à 2026). "Carrefour est dans une position concurrentielle améliorée avec une stratégie claire servie par une situation financière saine, mais les conditions d’exploitation restent adverses, notamment en France où l’interventionnisme étatique est contre-productif alors que la consommation de masse voit son évolution arbitrée par l’inflation.", nuancent quant à eux les analystes de chez Invest Securities.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

