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La liquidité de Credit Suisse ne posera pas problème /
Mais le défi du redressement de la banque augmente
Il valait mieux éteindre rapidement l’incendie. La Banque nationale suisse (BNS) et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) ont parfaitement joué leur rôle mercredi soir, ramenant le calme après le vent de panique sur la deuxième plus grande banque du pays.
D’une part, "il n’existe aucun risque de contagion directe entre les problèmes auxquels sont confrontés certains établissements bancaires aux États-Unis et le marché financier suisse". Et d’autre part, "le Credit Suisse satisfait aux exigences en matière de capital et de liquidités imposées aux banques d’importance systémique", ont-elles explicitement assuré dans un communiqué. De plus – et même surtout –, "en cas de besoin, la BNS mettra des liquidités à la disposition du Credit Suisse".
Ulrich Körner, le directeur général de Credit Suisse, avait bien tenté mercredi de rappeler que sa banque remplissait et même dépassait toutes les exigences réglementaires. "Notre capital et notre base de liquidités sont très solides", a-t-il souligné hier. Mais le message est tout de suite beaucoup plus audible lorsqu’il émane des autorités financières étatiques, surtout lorsqu’elles rappellent en même temps qu’elles peuvent assurer à tout moment leur rôle de prêteur en dernier ressort si nécessaire.
50 milliards de francs suisses
Cela est d’autant plus primordial s’agissant d’un établissement à l’importance "systémique", dont la faillite n’est pas envisageable sans provoquer par contagion un effondrement du système financier, ce dont la Banque nationale suisse (BNS) et l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) ne voudraient pas être jugées responsables.
A ce stade, la communication de crise des autorités suisses semble avoir atteint en grande partie son but. L’action Credit Suisse reprend jeudi autour de 20 % à Zurich après son plongeon de 24 % de la veille.
Voulant couper court à toute nouvelle spéculation sur sa liquidité, la banque a de son côté annoncé des mesures visant à la renforcer de manière préventive. Elle exercera ainsi son option d’emprunt auprès de la Banque nationale suisse (BNS) à hauteur de 50 milliards de francs suisses, dans le cadre d’une facilité de prêt couverte et d’une facilité de liquidité à court terme, entièrement garanties par des actifs de haute qualité.
De 144 % fin 2022, le ratio de couverture des besoins de liquidité à court terme (LCR) moyen de la banque était déjà monté à 150 % environ au 14 mars. Et "l’utilisation de la facilité de prêt couverte de 39 milliards de francs renforcera encore le LCR avec effet immédiat", a-t-elle souligné.
En parallèle, Credit Suisse prévoit de racheter des titres de dette senior pour un montant pouvant atteindre environ 3 milliards de francs. L’offre concerne dix souches en dollars pour un montant de 2,5 milliards de dollars et quatre en euros pour un montant de 500 millions d’euros. Une décision qui envoie le signal que "la banque est en mesure de saisir les opportunités du marché pour acquérir sa propre dette à des prix attractifs", note le cabinet Oddo BHF. L’établissement avait procédé de même à l’automne dernier, lors d’un précédent épisode de peur sur sa situation financière.
Pas de risque de taux d’intérêt
Autre point clé sur lequel il fallait rassurer, le risque de taux d’intérêt, celui-là même qui a fait plonger la banque américaine SVB. Le bilan de Credit Suisse ne présente pas de risque à ce niveau. "Le volume des titres à revenu fixe à duration n’est pas significatif par rapport à l’ensemble du portefeuille d’actifs liquides de haute qualité et, en outre, il est entièrement couvert contre les fluctuations des taux d’intérêt", assure l’établissement.
Si elles étaient nécessaires, les annonces rassurantes ne vont cependant pas faire de Credit Suisse un établissement profitable du jour au lendemain. La banque a souligné les "progrès significatifs" déjà opérés dans sa transformation depuis l’annonce de sa stratégie fin octobre dernier, notamment en matière de réduction des coûts. Pour autant, elle pourrait "se retrouve [r] à nouveau en stress dès que des informations financières négatives seront rendues publiques", remarque le cabinet Octo Finances.
De plus, Credit Suisse n’a rien dit des mouvements sur ses actifs sous gestion. Les derniers événements n’ont pas dû aider à les stabiliser après les sorties massives subies au quatrième trimestre 2022.
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