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CoCo / Crédit Suisse / FINMA / obligations convertibles contingentes
Les « CoCo » des banques restent sous pression /
L’extrême vulnérabilité confirmée des AT1 suisses
L’émoi provoqué par sa décision d’annuler en totalité la valeur nominale des instruments de capital AT1 de Credit Suisse, les fameux "CoCo", valait bien un droit de réponse. L’Autorité bancaire européenne (ABE) et la Banque d’Angleterre (BoE) étaient rapidement montées au créneau cette semaine pour rappeler que selon la hiérarchie en vigueur en Europe et outre-Manche, les obligataires gardaient bien la priorité sur les actionnaires. "La Suisse ne fixe pas les normes en Europe", a même rappelé en personne Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne.
L’Autorité fédérale suisse de surveillance des marchés financiers, la Finma, s’est justifiée jeudi. Elle a ainsi expliqué que sa décision s’était appuyée "sur les prospectus d’émission des emprunts [de Credit Suisse] ainsi que sur l’ordonnance d’urgence du Conseil fédéral " visant à sauver l’établissement de la faillite.
Il se trouve en effet que les instruments AT1 émis par Credit Suisse prévoient contractuellement d’être entièrement amortis en cas de survenance de certains événements déclencheurs (viability event), notamment en cas d’octroi d’une aide publique exceptionnelle. Or, explique la Finma, " des prêts d’aide extraordinaires sous forme de liquidités couverts par une garantie du risque de défaillance fournie par la Confédération ayant été accordés à Credit Suisse le 19 mars 2023, ces conditions contractuelles étaient remplies pour les instruments AT1 émis par la banque".
Deux doctrines
Et la Finma de confirmer la différence de doctrine entre la Suisse d’un côté, et l’Union européenne et le Royaume-Uni de l’autre. En Suisse, explique-t-elle, "les instruments AT1 sont conçus de telle sorte qu’ils sont amortis ou convertis en fonds propres de base durs avant que les fonds propres de la banque concernée ne soient complètement épuisés ou amortis".
Une mise au point au contenu peu surprenant. S & P Global y voit la mise en évidence de "la latitude considérable que les processus réglementaires et législatifs peuvent offrir lorsqu’il s’agit d’imposer des pertes aux investisseurs AT1 et de permettre aux autorités d’agir rapidement lors d’une crise émergente". L’agence souligne ainsi que "les investisseurs AT1 ont été rappelés à leur extrême vulnérabilité si une banque rencontre des difficultés et à leur dépendance vis-à-vis des décisions prises par les régulateurs et les gouvernements".
La rechute
Sur les marchés obligataires, si le traitement réglementaire est différent, la baisse s’avère unanime in fine. Pourtant, certaines obligations bancaires AT1 avaient retrouvé leur prix de vendredi dernier. "Autrement dit, elles avaient récupéré la totalité de ce qui avait été perdu après les événements du Credit Suisse ", note Dillon Lancaster, gérant de la société d’investissement spécialisée dans l’obligataire TwentyFour AM, filiale de Vontobel.
Cela a été le cas de titres comme BNP 7,375 % et Barclays 8,875 % qui ont dans un premier temps retrouvé des couleurs cette semaine, tandis que d’autres restaient à la traîne, notamment UBS. Mais, remontée à 92,76 % de son nominal mercredi après un plancher à 87,7 % lundi, l’obligation BNP 7,375 % rechute vendredi à 87,38 % de son nominal, tandis que l’obligation Barclays 8,875 % tombe à 86,27 %, en-dessous également de ses niveaux de lundi.
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