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ArianeGroup / Ariane 6 / Martin Sion / Safran / Président exécutif

Une feuille de route plus que chargée attend Martin Sion chez ArianeGroup / Priorité absolue au vol inaugural d'Ariane 6 pour le nouveau président

Arrivé à la présidence exécutive d’ArianeGroup ce matin, Martin Sion devra accélérer la cadence du déploiement du programme Ariane 6. Le premier tir inaugural a déjà plus de trois années de retard. Dans un environnement concurrentiel et chargé d’enjeux stratégiques, l’ex-Safran aura de nombreux défis à relever.
Martin Sion (©Richard DAMORET/REA)
Martin Sion (©Richard DAMORET/REA)

Martin Sion, qui était jusqu’alors patron de la section Electronics et Défense de Safran, s’est installé dans le fauteuil de président exécutif d’ArianeGroup ce mardi matin. Il arrive ainsi en remplacement d’André-Hubert Roussel, dont les quatre années de mandat auront été marquées par le retard pris sur le vol inaugural de la fusée Ariane 6.

Eponyme du programme lancé en 2014 par les vingt-deux pays membres de l’Agence spatiale européenne (ESA), ce premier vol était initialement prévu pour 2020. Mais trois années plus tard, Ariane 6 n’a toujours pas décollé. Des retards de développement ont été mis en cause, notamment au regard de la technologie d’unité auxiliaire de puissance (APU) qui caractérise l’innovation de la fusée et qui permettra de mettre en orbite des constellations satellites. Puis, le Covid est venu s’en mêler. Résultat : pour Martin Sion, "la priorité absolue reste le vol inaugural d’Ariane 6 et sa montée en puissance rapide", a ainsi souligné Eric Dalbiès, président du conseil d’administration d’ArianeGroup, à l’occasion de la nomination du nouveau président exécutif.

 

Les stocks s’amenuisent

 

La tâche ne sera pas aisée et, surtout, chargée d’enjeux. Car Ariane 6 représente le seul espoir d’une indépendance spatiale européenne et son développement s’inscrit dans un environnement plus que concurrentiel. Le programme américain SpaceX a, par exemple, prévu cent lancements cette année. Alors qu’en parallèle, l’Europe propulsera ses deux dernières fusées Ariane 5 le 13 avril et le 21 juin prochain. De plus, l’accès au lanceur russe Soyouz lui est désormais impossible, tandis que le lanceur italien Vega-C a rencontré un échec en décembre. La mission réalisée au travers d’ArianeSpace, filiale d’ArianeGroup et qui transportait des satellites d’Airbus Défense et Espace s’est en effet échouée en décembre après deux minutes et demie de vol.

Il reste, de plus, que l’équation européenne ne facilite pas la compétitivité de l’industrie du Vieux continent et qu’elle contraste avec l’agilité et la rapidité avec lesquelles opèrent les start-ups du domaine. Avec, donc, Elon Musk et son projet SpaceX en tête de peloton. A l’origine de cette lourdeur réglementaire : celle du retour géographique qui prévoit que chaque Etat membre de l'ESA, en adéquation avec sa contribution financière, puisse réaffecter une charge industrielle. Un pays peut ainsi obtenir que l’une de ses entreprises soit intégrée à un projet, alors même qu’elle ne serait pas la plus performante dans le domaine. Si la règle incarne l’un des principes fondateurs de l’ESA, il reste que la chaîne de production du programme Ariane 6 s’en est retrouvée éclatée entre différents pays européens. Ce qui induit des surcoûts et des retards.

 

Option air-espace

 

Pour Martin Sion, il s’agira donc de développer un programme dont la cadence doit être accélérée, ancré dans un environnement concurrentiel et truffé d’enjeux stratégiques. Un exercice qui s’annonce donc périlleux mais auquel le nouveau patron d’ArianeGroup est déjà presque rompu. Puisqu’il peut, en effet, se reposer sur une solide expérience dans l’univers spatial. Ce centralien, "option air-espace", est entré au début de sa carrière à la division spatiale de Snecma. Il y a notamment supervisé l’équipe d’ingénierie qui a supporté la production et l’évolution des moteurs d’Ariane 4 et d’Ariane 5.

Lors de la naissance de Safran en 2005, fruit de la fusion de Snecma avec Sagem, il restera toujours rattaché à la division des moteurs spatiaux, avant de gravir les échelons et d’atteindre la position de président de Safran Electronics et Défense. Quant à sa nouvelle maison, ArianeGroup, Martin Sion la connaît déjà bien. D’une part, parce qu’il s’agit d’une co-entreprise créée par Safran et Airbus. Et d’autre part, parce qu’il siège à son conseil d’administration depuis plus de trois ans.

Au sein du comité exécutif de Safran, il sera remplacé par Franck Saudo. Ce polytechnicien, passé par Bercy, a rejoint Safran en 2011, où il montera progressivement en grade avant d’accéder au poste de président de Safran Helicopter Engines et donc, désormais, à celui de président de Safran Electronics et Défense.

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