WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Fusions, Acquisitions / Portraits / Arash Attar-Rezvani / M&A / Fusions & Acquisitions / Skadden / Xavier Niel / NJJ / Iliad / Silver Lake / Mercedes Benz

Fusions, Acquisitions
Portraits / Arash Attar-Rezvani / M&A / Fusions & Acquisitions / Skadden / Xavier Niel / NJJ / Iliad / Silver Lake / Mercedes Benz

exclusif Arash Attar-Rezvani, la bonne étoile de Skadden / Une sensibilité artistique pour les deals complexes

EXCLUSIF. Si des grands noms de l’industrie l’ont choisi pour ses talents à mener des opérations de fusions et acquisitions dites "complexes", Arash Attar-Rezvani n’est pas un avocat comme les autres au sein du cabinet Skadden. Unique associé à y avoir fait toute sa carrière, il est aussi un homme de culture qui fait confiance à son instinct.
Arash Attar-Rezvani (DR)
Arash Attar-Rezvani (DR)

Comme quoi parfois ça marche. Ses clients - et non des moindres -, peuvent remercier "l’Oracle" qu’il a rencontré lorsqu’il avait 15 ans et vivait dans une communauté à la campagne, et qui lui a prédit qu’il serait un jour avocat. "Mes amis et moi sommes allés rencontrer une orientatrice. Tout ce qu’elle a révélé s’est vérifié depuis. Elle avait dit par exemple à mon frère jumeau, qui l’avait consultée à 13 ans, qu’il ferait HEC et il a fait HEC. A un ami, qu’il serait diplomate et il l’est aujourd’hui (au Brésil). A une autre qu’elle serait professeure et elle enseigne en Angleterre après des études à Cambridge. J’ai passé ses tests, elle a prédit que je ferai du droit international et je suis avocat aujourd’hui. Je l’appelais tous les ans durant mes études de droit pour la remercier ", relate à WanSquare Arash Attar-Rezvani, associé au cabinet américain Skadden à Paris.

S’il n’avait pas endossé la robe, peut-être serait-il devenu photographe, son autre passion, comme son père avant lui, l’immense photojournaliste franco-iranien Abbas (Attar) disparu en 2018, membre de l’illustre agence Magnum, et qui vient d’être mis à l’honneur pour l’album 2023 de Reporters sans frontières pour la liberté de la presse. "Nous avons créé un fonds de dotation après sa disparition pour préserver et promouvoir son œuvre ", confie son fils, Arash Attar-Rezvani.

 

Que des poids lourds de l’industrie

 

Pour l’heure, il planche sur des dossiers dits de "M & A internationaux complexes", de gouvernance d’entreprise ou encore d’activisme actionnarial. Il vient, par exemple, d’aider Xavier Niel et Iliad à prendre 21 % dans Milicom, un opérateur basé au Luxembourg, coté aux Etats-Unis et en Suède et opérant essentiellement en Amérique latine sous la marque Tigo. Début janvier, il l’avait aussi conseillé au moment du closing de la joint-venture d’Iliad avec l’opérateur italien Wind Tre.

Parmi ses autres clients, l’on compte l’un, voire le plus gros fonds de Tech au monde, Silver Lake (acquisitions de Silae, société spécialisée dans la gestion de paie automatisée, et de Meilleur taux), la première licorne française Criteo, mais aussi Nokia (pour l’opération de rachat d’Alcatel Lucent), Pfizer dans le cadre de sa prise de participation dans Valneva pour près de 100 millions d’euros ou encore Mercedes Benz pour sa joint-venture avec Stellantis et TotalEnergies dans l’optique de construire des cellules de batteries pour les voitures électriques. "J’ai aussi des clients de taille plus modeste (mais tout aussi intéressants !) comme le créateur Alexandre Vauthier qui habille notamment Rihanna, Beyoncé, Taylor Swift et Céline Dion ", précise l’associé de 46 ans.

 

Pierre Servan-Schreiber, son mentor

 

Convaincu que son destin était tout tracé, c’est donc sans se poser de question qu’Arash Attar-Rezvani s’est inscrit à l’université Panthéon Sorbonne pour y faire son droit. Il y obtient une maîtrise en 1998 puis, après un Erasmus à Leiden aux Pays-Bas, il part poursuivre ses études à l’Université d’Oxford en Angleterre pour son DEA (Master II). Il y aura la révélation de sa carrière. "Je lisais un magazine à la bibliothèque de l’Université d’Oxford. Pierre Servan-Schreiber, alors co-managing partner du bureau de Paris de Skadden, était en couverture. A la lecture de cet article, j’ai émis le vœu de travailler avec lui un jour, ce que j’ai eu la chance de faire pendant 15 ans ", se souvient Arash Attar-Rezvani.

C’est ainsi qu’il postule pour un stage au sein du cabinet. " J’ai envoyé une lettre le lundi, reçu un email le mercredi et passé un entretien le jeudi, au téléphone. Le lundi suivant j’étais stagiaire ", raconte-t-il. Il est même pendant sept mois le seul stagiaire de la firme à Paris qui ne compte en 2000 qu’une quinzaine d’avocats. " De ce fait, j’ai immédiatement été responsabilisé. J’ai eu la chance de travailler par exemple avec un autre collaborateur sur l’introduction en Bourse de Memscap, une société spécialisée dans la production de semi-conducteurs et de puces intégrées ", fait-il remarquer.

 

Associé sous Trump

 

Un jour, Christopher Baker, l’un des fondateurs de Skadden à Paris, passe devant son bureau et lui demande de façon tout à fait anodine s’il n’aurait pas envie de rester après son stage. "Je suis le seul associé du bureau parisien à avoir effectué toute ma carrière chez Skadden. J’ai été promu en 2018, à une époque où devenir associé d’une firme américaine pour un franco-iranien tel que moi pouvait être compliqué, alors que les relations entre les Etats-Unis et l’Iran étaient particulièrement tendues. Personne ne m’a jamais dit quoi que ce soit. Cela tient à la culture très méritocratique de Skadden qui a justement été créé dans les années 1940 pour permettre à des avocats américains qui n’étaient pas perçus comme ayant le bon profil ou la bonne religion de devenir associés. Le cabinet a depuis toujours gardé cette mentalité d’outsider et je me reconnais parfaitement dans cette culture ", affirme Arash Attar-Rezvani qui reçoit pourtant de nombreuses sollicitations de la part d’autres grands cabinets d’avocats.

 

Pas fait pour la vie new yorkaise

 

Sa seule infidélité aura lieu en 2005 lorsqu’après quatre ans de bons et loyaux services au cours desquels il sera collaborateur en capital market et participera notamment à la privatisation d’Air France et de France Telecom, avant d’évoluer vers le M & A grâce au dossier d’acquisition de Rossignol par Quicksilver sous la forme d’une OPA, il part étudier le droit à l’université de Columbia à New York. "Entre Skadden et Columbia, j’ai pris un peu de temps pour voyager. Je suis par exemple allé en Sibérie Orientale, ou encore en Amazonie où j’ai vécu une semaine au milieu de la jungle dans une famille d’indigènes qui avaient à cœur de transmettre leur culture. Je voulais redécouvrir un autre type de rapports humains ", relate-t-il.

Le barreau de New York en poche, il choisit d’intégrer les équipes de Skadden à Time Square mais il n’y restera finalement qu’un an avant de revenir à Paris. "Au départ, je devais partir trois ans aux Etats-Unis dont une année à Columbia. Je me suis cependant aperçu que si je restais éloigné de la France trop longtemps, je risquais de me couper de mon réseau professionnel à Paris. Ce fut une expérience formidable en tant qu’étudiant et très enrichissante professionnellement, juste avant l’éclatement de la crise financière en 2008. Mais il fallait rentrer ", observe Arash Attar-Rezvani.

D’autant qu’il attache une grande importante à sa vie personnelle. " L’un des conseils les plus surprenants que j’ai reçu d’un autre associé, de notre bureau de New York : ne pas hésiter à dire aux clients que l’on peut avoir un empêchement familial, par exemple que l’on doit s’occuper de ses enfants. Ils le comprennent parfaitement ", affirme ce père qui joue parfois de la guitare lors des spectacles de ses enfants à l’école.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article