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La croissance mondiale à la merci des investissements directs étrangers / Les tensions géopolitiques contrarient la bonne allocation des ressources

Les différends politiques entre États de ces derniers mois sont susceptibles de bouleverser les flux d’investissements directs étrangers (IDE), ce qui n’est pas sans incidence sur la croissance mondiale. Les dernières prévisions économiques du Fonds monétaire international évoquent une fragmentation des IDE susceptible de réduire de 2 % la production mondiale, sur le long terme.
Porte-conteneurs. Marcus Brandt/ZUMA Press/ZUMA-REA/ZUMA-REA
Porte-conteneurs. Marcus Brandt/ZUMA Press/ZUMA-REA/ZUMA-REA

Toute la planète ne pâtira pas de la même façon d’une fragmentation des investissements directs étrangers (IDE). Ce sont en particulier les économies en développement qui seraient impactées selon le Fonds monétaire international. Dans ses récentes perspectives mondiales il est fait état que "les simulations de divers scénarios hypothétiques suggèrent que les pertes seront probablement réparties de manière inégale, les marchés émergents et les économies en développement ayant un accès réduit aux économies avancées étant particulièrement touchés, en raison d’une formation de capital plus faible et d’une réduction de l’investissement."

 

À la peine

 

C’est en effet avant tout "plusieurs grands marchés émergents, dans différentes régions, [qui] sont très vulnérables à la délocalisation des IDE, ce qui indique que le scénario de la fragmentation n’est pas un risque réservé à quelques pays." Réduites à devoir compter sur leurs propres ressources, les équipes du FMI leur conseillent "d’atténuer leur exposition à la délocalisation des IDE en introduisant des politiques et des réglementations visant à promouvoir le développement du secteur privé."

Ces pays subissent en effet déjà le "récent ralentissement de l’IDE [qui] s’est caractérisé par des schémas divergents entre les pays d’accueil, en particulier lorsqu’il s’agit d’investissements dans des secteurs stratégiques, tels que les semi-conducteurs." L’effet conjoint de la pandémie et des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine poussent les États à considérer plus sérieusement les questions de souveraineté et font que les "flux d’IDE sont de plus en plus concentrés entre des pays géopolitiquement alignés." Une tendance qui pourrait se renforcer et avec elle la fragmentation qui en découle.

 

Figure de proue

 

Une allocation différente des investissements qui va aussi discriminer selon les géographies ; les équipes du FMI arguent que "le flux d’IDE stratégique vers les pays asiatiques a commencé à décliner en 2019 et n’a connu qu’une légère reprise au cours des derniers trimestres." Dans le même temps, il est relevé que "les flux d’investissements stratégiques vers les États-Unis et l’Europe se sont avérés plus résistants", ce qui aboutit à ce qu’on constate, fin 2022, qu’un "écart significatif est apparu entre les nouveaux investissements dirigés vers ces régions, l’IDE stratégique vers l’Europe étant environ deux fois supérieur à celui destiné aux pays asiatiques."

Les industries stratégiques, telle que celle des semi-conducteurs, en sont les témoins avec les États-Unis et l’Union européenne qui les "ont ciblées avec des politiques visant à renforcer la production nationale et à réduire la vulnérabilité face à des fournisseurs étrangers non alignés."

De fait, le FMI nous rapporte qu’au "cours de la période post-pandémique, du deuxième trimestre 2020 au quatrième trimestre 2022, l’IDE a diminué de près de 20 % par rapport à la moyenne pré-pandémique de l’après-crise financière mondiale." Un déclin qui a cependant été différent entre les différents continents, avec notamment une Asie qui "a perdu de son importance à la fois en tant que source et en tant qu’hôte, perdant des parts de marché par rapport à presque toutes les autres régions". De façon surprenante, c’est la Chine qui voit tant les IDE en provenance de l’Empire du milieu que celle à sa destination "diminu[er] encore plus que la moyenne asiatique". À contrario, plusieurs autres entités comme les États-Unis ou les pays émergents en Europe, ont vu " les investissements étrangers directs moins diminu[er] et, dans certains cas, même augment[er] "

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