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Fonds monétaire international / Dette / Politique budgétaire
Le FMI s’alarme de l’endettement mondial / Sa trajectoire pourrait lui faire retrouver un record depuis l’après-guerre
La dette publique mondiale file un mauvais coton. C’est l’un des constats dressés par le Fonds monétaire international (FMI) à l’occasion de la publication de son rapport semestriel sur les questions budgétaires (Fiscal Monitor).
En pourcentage du Produit intérieur brut (PIB) mondial, la dette publique planétaire devrait gonfler de 7,5 points d’ici à 2028 pour s’établir à 99,6 %, du jamais vu depuis l’après-guerre à part durant la pandémie (elle avait atteint 99,7 % du PIB en 2020).
Cette trajectoire effacerait ainsi le reflux du ratio qui est intervenu entre 2020 et 2022, d’abord sous l’effet du rebond économique mondial ayant succédé aux confinements, ensuite grâce à l’envolée surprise de l’inflation qui a dopé les recettes fiscales ainsi que la croissance économique en valeur.
Chine et Etats-Unis pointés du doigt
"Les évolutions aux États-Unis et en Chine influencent ces tendances de la dette publique mondiale", a expliqué Vitor Gaspar, directeur du département des affaires budgétaires de l’institution de Washington. De sorte que si l’on exclut de l’échantillon les deux plus grosses puissances économiques du monde, "les ratios de la dette publique dans le monde diminueraient, quoique lentement, entre 2023 et 2028 ", a ajouté l’ancien ministre des Finances du Portugal.
Dans le détail, aux États-Unis, le ratio de la dette publique au PIB devrait augmenter de près de 3 points de pourcentage du PIB par an à partir de 2024, soit environ le double du rythme prévu avant la pandémie. En conséquence de quoi, le ratio d'endettement de l’Oncle Sam devrait dépasser 135 % du PIB, dépassant ainsi le pic atteint lors de la crise sanitaire. Le rapport cite les incitations en termes d’impôts, subventions et autres mesures fiscales pour promouvoir la transition vers les énergies propres comme facteurs derrière la trajectoire ascendante de la dette américaine.
Du côté de l’Empire du Milieu, le ratio dette publique/PIB devrait augmenter de manière continue pour atteindre 105 % en 2028. Et l’augmentation annuelle anticipée par le FMI du ratio chinois, est encore plus importante que pour les États-Unis (4,5 contre 2,8 points de pourcentage).
Globalement, "selon les projections actuelles, les économies de marché avancées et émergentes auront besoin de soldes budgétaires primaires plus importants [déficits calculés avant paiement des intérêts sur la dette, ndlr] pour empêcher une nouvelle augmentation des ratios d’endettement ", avertissent les économistes du FMI.
Ils admettent toutefois qu’une "grande incertitude entoure les projections, notamment en ce qui concerne la croissance à long terme et les taux d’intérêt, et l’évolution de la dette peut s’avérer différente des prévisions initiales, comme l’a montré l’expérience après la crise financière mondiale".
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