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La France séduit toujours autant les investisseurs étrangers / L'Hexagone, pays le plus attractif d’Europe pour la quatrième année consécutive
La France continue de faire la course en tête en Europe. Avec 1 259 projets d’investissements étrangers (IDE) en 2022 – en progrès de 3 % sur un an – l’Hexagone conserve la première place du baromètre EY des pays les plus attractifs d’Europe pour la quatrième année consécutive. Elle creuse même l’écart avec le Royaume-Uni et l’Allemagne, qui complètent le podium.
"La France compte, elle est aujourd’hui revenue dans le jeu après une décennie difficile, marquée par une image dégradée", explique à WanSquare Marc Lhermitte, associé chez EY Consulting et responsable des activités liées à la compétitivité, à l’attractivité et au développement économique.
Effet rattrapage
Il faut dire que la France bénéficie sans doute encore d’un mouvement de rattrapage après les mauvaises performances enregistrées lors de la période 2010-2015. Depuis, les moyens déployés pour dérouler le tapis rouge aux entreprises ont été considérables (baisse des impôts de production, allègement des charges sociales, simplification du droit du travail, etc.) et comptent pour beaucoup dans la première place française.
"L’arrivée d’Emmanuel Macron en 2017 a permis de remettre au centre de l’agenda économique la capacité à attirer des entreprises du monde entier", indique Marc Lhermitte.
Mais l’état de grâce pourrait ne pas durer. Les dirigeants s’interrogent déjà sur l’impact du climat social et sur la capacité du gouvernement à poursuivre les réformes nécessaires pour intensifier les efforts sur la flexibilité et la compétitivité du travail. Car si le nombre de projets sur le territoire français atteint un nouveau record, les retombées en termes d’emploi restent, elles, bien moins convaincantes.
Avec 38 102 emplois créés en 2022, la France fait 15 % moins bien qu’en 2021 alors que "seuls" 1 222 projets avaient vu le jour cette année-là. En moyenne, les investisseurs étrangers créent moins d’emplois en France – 33 par projet – que dans le reste des principaux pays d’accueil des investissements étrangers en Europe, comme l’Allemagne (58) ou le Royaume-Uni (59).
Pour la suite, le risque d’essoufflement ne peut pas être écarté. "L’effet rattrapage n’est pas acquis et peut se réduire à tout moment", souligne Marc Lhermitte, qui rappelle la "grande capacité à réagir" de Londres ou Berlin.
Concurrence extérieure
Pour autant, la volonté d’investir à court terme demeure forte puisque près de deux tiers des dirigeants expliquent avoir des projets immédiats d’investissement en France en 2023. Avec tout de même une différence marquée entre les grandes entreprises (82 %) et les PME/ETI (54 %), qui disposent de moins de marge de manœuvre pour négocier leurs contrats d’électricité et subissent plus durement les conséquences des ruptures de chaînes d’approvisionnement, avance Marc Lhermitte.
Les perspectives au cours des trois prochaines années montrent, en revanche, plus nettement l’inquiétude des dirigeants – confrontés à la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières, la baisse de la consommation, la remontée des taux d’intérêt, etc. – qui ne sont plus que 53 % à considérer que la situation de la France devrait s’améliorer, contre 74 % en 2021.
Si pour l’instant peu d’investisseurs étrangers ont déplacé leur site de production hors d’Europe pour surmonter la hausse des prix de l’énergie, le spectre des délocalisations refait surface. La concurrence des États-Unis, où le coût de l’énergie est plus faible qu’en Europe et dont l’attractivité est stimulée par l’Inflation Reduction Act (IRA), se renforce chaque jour, menaçant des dizaines de milliers d’emplois.
"L’IRA est une arme d’attractivité massive. La réponse européenne est très attendue mais elle n’est pour l’instant pas assez rapide ni suffisante pour faire jeu égal avec les États-Unis", avertit Marc Lhermitte. "Les Européens prennent plus de temps, sont moins clairs mais nous avons quand même tendance à être assez confiants car les Vingt-Sept restent mobilisés sur les questions d’avenir et les impératifs de transformation de notre économie" à l’image du Chips Act ou du règlement sur les matières premières critiques, nuance-t-il.
L’industrie, moteur de l’attractivité
Par secteur, l’industrie est redevenue le principal moteur de l’attractivité en France. Un peu plus de quatre implantations ou extensions de site sur dix annoncées en 2022 concernaient des projets manufacturiers, notamment dans les domaines de l’électronique, des dispositifs médicaux, de l’automobile ou encore de l’aéronautique. Un chiffre de 11 points supérieur aux niveaux d’il y a dix ans.
"La disponibilité d’énergie décarbonée reste, malgré la crise énergétique actuelle et les récentes difficultés du parc nucléaire, le principal atout de la France pour les industriels étrangers", rappelle Marc Lhermitte.
Avec 144 projets de centres de recherche et développement en 2022, la France apparaît aussi en véritable championne d’Europe de l’innovation, creusant encore un peu plus l’écart avec l’Allemagne. Désormais bien ancrée, l’image d’une France innovante est très appréciée par les investisseurs étrangers. Un positionnement qui fait même la différence, puisque les investissements liés à la R & D constituent le premier critère d’attractivité de la France auprès des dirigeants internationaux.
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