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Evenements / Medef / Présidence du Medef / Patrick Martin / Dominique Carlac'h

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Medef / Présidence du Medef / Patrick Martin / Dominique Carlac'h

Patrick Martin souhaite un patronat qui réinvestisse le champ des idées / Un nécessaire diagnostic partagé de croissance responsable

Le président délégué est loin de vouloir se satisfaire de la simple qualification "d’héritier naturel" de Geoffroy Roux de Bézieux comme certains le désignent. En cas de victoire le 6 juillet prochain, il compte bien au contraire mettre à profit son expérience au sein de l’organisation patronale, renforcée par la gestion des diverses crises que les entreprises ont eu à traverser, afin de faire émerger et défendre auprès des pouvoirs publics les sujets indispensables à la souveraineté et la compétitivité nationale. Une bataille des idées qu’il compte mener avec l’ensemble des partenaires sociaux.
Patrick Martin, candidat à la présidence du Medef (©(Photo by Ludovic MARIN / AFP)
Patrick Martin, candidat à la présidence du Medef (©(Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Plus l’élection approche et plus Patrick Martin aime être en campagne. "J’y prends un certain plaisir", confie-t-il à WanSquare. Alors qu’il présentait officiellement ce mardi matin, au Café de l’Alma, son programme dans le cadre de la future présidence du Medef, l’actuel président délégué a déjà engrangé un certain nombre de soutiens. La semaine dernière, c’était Marie-Christine Oglhy, présidente mondiale des Femmes Chefs d’entreprise, qui lui offrait sa confiance après l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), présidée par Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation, et la Fédération française du bâtiment (FFB) quelques semaines plus tôt.

 

Profiter de la popularité des entreprises

 

Au total, un tiers des votants à l’élection du 6 juillet prochain l’encouragent déjà. Son programme, le bras droit de Geoffroy Roux de Bézieux y pense depuis longtemps. Il a d’ailleurs beaucoup consulté pour le construire. "Mon programme est le fruit de l’expérience et des travaux que j’ai menés au cours des cinq dernières années. Des élus venus de diverses fédérations et des Medef territoriaux ainsi que des experts extérieurs à notre mouvement m’ont aidé pendant plus de six mois à le façonner", explique celui qui fut déjà candidat en 2018.

Et son constat est simple. "Le pays est dans l’ornière à défaut de doper la croissance. Les Français ont un problème de pouvoir d’achat, le déficit public est plus élevé que chez nos partenaires européens et nous avons laissé péricliter l’industrie dans nos territoires. De plus, nous ne savons pas comment financer nos ambitions de décarbonation. Et pourtant les entreprises ont une bonne image comme tous les sondages en témoignent", observe le dirigeant du groupe Martin Belaysoud Expansion spécialisé dans la distribution B to B, notamment pour l’industrie ou le bâtiment comme les panneaux solaires. Son obsession : "le déclassement du produit intérieur brut par habitant", martèle Patrick Martin.

 

Reconquérir le débat public par les idées

 

Pour y remédier, "nous devons nous inscrire dans une croissance responsable. Sans cela, les fractures s’accentueront", plaide-t-il. Sur ce sujet, il est donc convaincu que le Medef et les entreprises sont les plus légitimes à prendre la parole. "Nous devons être davantage présents dans le débat d’idées. Le Medef doit objectiver le débat public par son rôle de facilitateur en n’hésitant pas à se confronter avec des opposants si le cas se présente. Les entreprises doivent reprendre la main ", soutient Patrick Martin qui, en cas de victoire le 6 juillet prochain, souhaite créer une vice-présidence "prospectives et idées" et un "Medef’lab". D’autres devraient également voir le jour comme une vice-présidence consacrée à l’entrepreneuriat, une à l’Europe, et une à l’environnement.

Mais convaincu que la prise de conscience doit être collective, le Lyonnais de 63 ans estime que l’ensemble des partenaires sociaux doivent pouvoir s’accorder sur "un diagnostic partagé de croissance responsable " avec pour principal levier d’action la formation, la compétence et l’inclusion. " Je suis convaincu qu’une voie de passage avec les syndicats est possible. L’une de mes premières actions en tant que président du Medef sera d’inviter l’ensemble des partenaires pour en discuter. L’ANI (accord national interprofessionnel, ndlr) sur le partage de la valeur n’a-t-il pas prouvé que les partenaires sociaux étaient capables de faire valoir leur autonomie ? ", assure le candidat à la présidence du Medef.

 

Pas de compétitivité sans formation

 

S’agissant de la formation et des compétences par exemple, qui selon lui sont les priorités absolues, il entend les promouvoir dès l’éducation et l’orientation scolaire - il soutient l’action du président de la République sur le lycée professionnel - jusqu’à l’emploi des seniors en entreprises, "dont nous avons besoin", affirme-t-il. " Il existe une corrélation directe entre le niveau de formation à tous les stades de la vie et la performance d’un pays, et notamment industrielle ", souligne le numéro deux du mouvement patronal.

S’il est élu, d’autres thématiques indissociables devront aussi être abordées telles que de la compétitivité qui passe par la fiscalité des entreprises (notamment la baisse des impôts de production et la stabilité du crédit impôt recherche) ainsi que la réglementation "dont l’excès de normes casse la dynamique entrepreneuriale" ou encore le logement. "Le logement est symptomatique de l’incapacité de notre pays à aborder un sujet de manière globale. La crise du logement est un frein à la mobilité professionnelle. De nombreux demandeurs d’emploi hébergés dans des logements sociaux renoncent à des offres de travail par peur de ne pas se loger ailleurs", regrette l’ancien président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes qui sent poindre, malgré tout, un cercle vertueux. "Le chômage baisse, les caisses de l’Unédic (association chargée de l’assurance chômage, ndlr) sont excédentaires ce qui est très encourageant, sans compter que la baisse des impôts de production engagée depuis 2017 a permis à l’État de récupérer plus d’impôt sur les sociétés", observe-t-il.

Un point de vue qu’il aura à défendre le 30 mai prochain, date à laquelle son unique rivale dans la compétition, Dominique Carlac’h, et lui seront auditionnés par la commission exécutive du mouvement.

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