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Medef / Présidence du Medef / Dominique Carlac'h / Portrait
Dominique Carlac’h, une compétitrice à prendre très au sérieux /
La vice-présidente du Medef veut une équipe de France économique
Que cela soit clair, Dominique Carlac’h n’est pas une nouvelle fois candidate à la présidence du Medef pour cocher la case diversité à l’élection qui se jouera le 6 juillet prochain. "En 2018, à la succession de Pierre Gattaz, j’avais été enfermée dans le rôle de la femme et de la sportive. Or, la compétence n’est pas une question de genre et mon bilan des cinq dernières années ne l’est pas non plus. Je suis une vraie candidate. Il n’est pas question de ralliement. J’y vais pour rassembler et défendre les intérêts de l’équipe de France économique", affirme-t-elle dans un entretien accordé à WanSquare.
Sur tous les fronts et partout
Diplômée de Sciences Po Grenoble et d’HEC, elle n’est pas non plus seulement "l’atout sociétal" de l’organisation patronale. "Mes interventions durant mon mandat ont traité de tous les enjeux économiques et sociaux importants pour les entreprises en France tels que le chômage, la retraite, l’impact de la crise des Gilets jaunes, mais aussi internationaux avec les conséquences du Brexit ou encore l’accord européen avec le Mercosur (communauté économique de pays d’Amérique du Sud, ndlr) ; et pendant la crise Covid j’ai également porté nos propositions sur le télétravail", détaille la vice-présidente du Medef.
Et ne lui parlez pas de sa potentielle méconnaissance du terrain, la porte-parole n’étant pas à la tête d’une fédération locale. "Je siège depuis 2020 au conseil d’administration et au conseil exécutif du Medef Paris, un des plus importants Medef territoriaux de notre réseau. De plus, il n’y a pas une région que je n’ai pas sillonnée en dix ans au Medef, y compris les DOM-TOM et la Corse. Je me dois d’être proche des adhérents car ce sont grâce à eux, grâce à leurs témoignages et leur expérience, que nous parviendrons à reconquérir une souveraineté économique. J’ajoute qu’en plus de 200 interventions médiatiques en tant que porte-parole du Medef depuis 2018, personne n’a jamais décroché son téléphone pour se plaindre de mes propos", relate avec un sourire la présidente de D & C Consultants, entreprise de conseil en ingénierie et en financement de l’innovation industrielle créée en Isère il y a trente ans et qui emploie une cinquantaine d’ingénieurs. "La France manque d’ingénieurs. Mon métier, c’est l’accélération des transformations. Nous avons besoin d’une économie souveraine et durable", poursuit Dominique Carlac’h.
Une équipe unie
Pour elle, la réindustrialisation de la France passera en effet obligatoirement par l’ingénierie. "Pour obtenir une nation économiquement forte, l’innovation doit être au cœur des solutions industrielles. Il faut donc soutenir l’ingénierie qui sert l’ensemble des secteurs industriels. Pour moi, au sein du Medef, il n’y aura pas par exemple de clivage entre l’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie, ndlr) et le Syntec (fédération spécialisée dans les professions du numérique, de l’ingénierie, de l’évènementiel, du conseil et de la formation professionnelle, ndlr), bien au contraire. Sur les grands défis qui nous attendent, comme la santé par exemple, il faudra aussi engager un travail transversal interprofessionnel avec les industries de santé, les fédérations hospitalières, les mutuelles, les assurances, les banques… Tout le monde doit jouer dans la même équipe au nom de la compétitivité de nos filières économiques, car les entreprises sont la solution pour répondre aux défis de la société", soutient l’ancienne membre de l’équipe de France d’athlétisme et présidente du comité sport du Medef depuis 2014.
Projet 55
D’ailleurs, si elle est élue à la présidence du Medef le 6 juillet prochain, elle compte bien défendre l’utilité du crédit impôt recherche (CIR) qui pourrait être réformé dans le cadre du futur projet de loi Industrie verte, voulu par le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire. "Il serait très dommage de casser un instrument que le monde entier a copié. Le "Choose France", voulu par le président de la République, passera nécessairement par des leviers d’attractivité fiscaux. Le gouvernement doit poursuivre sa trajectoire de baisse de la fiscalité des entreprises afin de favoriser l’émergence d’un Mittlestand à la française. Cela est essentiel pour faire grandir nos ETI qui doivent aussi rester françaises au moment de leur transmission", défend Dominique Carlac’h qui est convaincue que "L’Etat ne peut plus tout. Il doit être stratège et accompagnateur en fixant un objectif à atteindre aux entreprises mais sans être trop normatif. Il nous revient d’être force de propositions à condition que l’on nous laisse faire".
Elle-même a d’ailleurs depuis longtemps pris les devants de sa propre succession dans son entreprise. "J’ai lancé il y a quelques années "le projet 55". J’aurais effectivement 55 ans en octobre prochain. Ce projet vise à anticiper en interne la transmission de ma société à mes deux enfants et à mes salariés. Mes équipes sont donc tout à fait préparées à travailler sans moi si je suis élue à la présidence du Medef. Je sais que mon entreprise me survivra", assure-t-elle.
Pas que dans la continuité
Une présidence de l’organisation patronale qui sera certes dans la continuité de l’action de Geoffroy Roux de Bézieux, dont elle assume parfaitement le bilan, mais qui pourrait aussi pousser d’autres sujets. "La continuité seule ne suffira pas. En cinq ans, le monde a profondément changé. Notre mandat a été percuté de plein de fouet par des crises sans précédent : les Gilets jaunes, la crise sanitaire, la guerre en Ukraine, les tensions relatives aux différents projets de loi sur les retraites (février 2020 et 2023). Les défis démographiques, sociaux et économiques qui nous attendent sont considérables et notamment concernant le rapport au travail", constate Dominique Carlac’h qui croit "au travail tout au long de la vie, en compétences et en mobilités". "Il faut ouvrir le chantier de la reconversion professionnelle qui ne doit pas se traduire par un nivellement par le bas. L’emploi des seniors doit aussi être mis sur la table des négociations tout comme la mobilité des salariés qui ne peut plus devenir une trappe à chômage pour des raisons de transport ou de logement. La compétitivité de nos entreprises ne se fera pas sans les compétences", souligne-t-elle.
Pour l’heure, alors que le nouveau règlement du Medef est venu modifier les règles de la campagne présidentielle - chaque prétendant doit réunir 150 parrainages sur 560 membres de l’assemblée générale contre 50 lors de l’élection précédente - cette compétitrice de haut niveau n’est pas du tout inquiète. "J’attends avec impatience d’être qualifiée pour la phase finale de l’élection qui débutera le 9 mai prochain", confie-t-elle.
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