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Evenements / Medef / Présidence du Medef / Geoffroy Roux de Bézieux / bilan / Patrick Martin / Dominique Carlac'h

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Medef / Présidence du Medef / Geoffroy Roux de Bézieux / bilan / Patrick Martin / Dominique Carlac'h

Quel bilan pour Geoffroy Roux de Bézieux à la tête du Medef ? / Des avancées historiques, des regrets et du travail qui reste à accomplir

Pour sa dernière conférence de presse avant l’élection de son successeur le 6 juillet prochain, Geoffroy Roux de Bézieux a tenu à dresser un bilan de son action depuis 2018. Un mandat qui aura certes été marqué par les crises successives mais sous lequel les différents syndicats auront aussi su prouver, souvent à l’initiative du Medef, qu’ils pouvaient s’entendre indépendamment de l’intervention des pouvoirs publics. Au futur président du Medef de confirmer ces bases solides et de s’intéresser un peu plus à ce qu’il se décide à Bruxelles.
Geoffroy Roux de Bézieux (Photo by Eric PIERMONT / AFP)
Geoffroy Roux de Bézieux (Photo by Eric PIERMONT / AFP)

Sauf évènement imprévu, Geoffroy Roux de Bézieux tenait ce mardi matin sa dernière conférence de presse en qualité de président du Medef. Le 17 juillet prochain - la période de transition prévue d’habitude pour deux mois a été raccourcie compte tenu des fonctions actuelles des deux candidats à la présidence -, il passera le relais soit à Patrick Martin, son numéro deux, soit à Dominique Carlac’h, la porte-parole du Medef. "Je ne ferai pas de commentaire sur ces deux personnalités avec lesquelles j’ai très bien travaillé durant ces cinq ans. Chacun s’inscrit dans une forme de continuité mais avec un style différent ", a souri le président du mouvement patronal.

 

Un dialogue social constructif et efficace

 

A quelques semaines de sa passation de pouvoir, Geoffroy Roux de Bézieux s’est donc livré en toute humilité à un exercice d’autocritique. Comme il l’a déclaré lui-même, " on n’est jamais mieux servi que par soi-même ".

Il retiendra que son mandat a été marqué par les crises. "2018, les gilets jaunes, 2019, le premier projet de loi retraite avec la première utilisation du 49-3, 2020-2021 le Covid et 2022, l’Ukraine ", a-t-il énuméré. Et malgré ces turbulences, le président du Medef a tenu à relever quelques belles réussites. Depuis 2018, outre l’adhésion au mouvement de 17 nouvelles fédérations, Geoffroy Roux de Bézieux retient en effet surtout la capacité du Medef à avoir renoué le dialogue avec les syndicats grâce notamment à des rencontres régulières avec les différents numéros un. "Depuis 2018, 13 accords ont été signés, dont celui sur le partage de la valeur (ANI) qui peut être qualifié d’historique par son contenu et par le moment où il a été signé (en pleine crise sociale sur la réforme des retraites, ndlr). Par ailleurs, le Medef est aussi à l’origine de la création de l’agenda social autonome", a-t-il rappelé. A noter que le calendrier du nouvel agenda partagé avec le gouvernement devrait être fixé d’ici le 14 juillet prochain, une réunion étant prévue en ce sens fin juin. "La négociation sur les seniors au sens large, c’est-à-dire du maintien dans l’emploi et le recrutement devrait être un sujet sur lesquels les partenaires sociaux auront à travailler ", a-t-il précisé.

 

Pas assez de poids à Bruxelles

 

Un dialogue qui n’a cessé de s’intensifier aussi avec les pouvoirs publics. "Au plus fort de la crise Covid, Le Medef a été en première ligne pour faire valoir l’utilité de dispositifs publics d’aide aux entreprises tels que le prêt garanti par l’Etat, le fonds de solidarité… ", a expliqué Geoffroy Roux de Bézieux. Par ailleurs, s’il fut un partenaire de Bercy, le Medef aura également su poser des lignes rouges lorsque la situation l’imposait. "Nous avons évité la création de France Santé et nous avons permis la suppression du transfert de prélèvement de l’AGIRC-ARRCO", s’est-il félicité.

Geoffroy Roux de Bezieux a toutefois voulu se montrer honnête, reconnaissant de lui-même certains regrets, pour ne pas dire échecs. Le plus grand sera sans doute, selon lui, le manque de lobbying du mouvement patronal auprès des pouvoirs publics européens. "Même si nous avons considérablement renforcé nos relations bilatérales avec les Medef nationaux et notamment italien, espagnol et polonais, nous n’avons pas suffisamment fait de lobbying à Bruxelles. Nous allons voir les ministres en France mais nous n’avons pas le réflexe d’aller rencontrer les commissaires européens. C’est un tort car l’Europe est devenue une machine infernale à produire de la norme, comme par exemple la directive CSRD sur le reporting extra-financier ou encore le devoir de vigilance qui est un formidable outil de délocalisation quand des pays (Etats-Unis et Chine, ndlr) subventionnent la décarbonation de leur industrie ", a-t-il observé. Même constat concernant les ONG "qui prennent une influence croissante " a-t-il confié.

 

Un avenir incertain ?

 

Dans ce contexte, si le patron des patrons s’est bien gardé garde bien de prodiguer des conseils au futur président du Medef, quel qu’il soit, il a cependant tenu à le prévenir. "Les menaces subsistent ", a-t-il dit. "La situation politique a changé. S’il faut savoir peser sur le gouvernement, il existe aussi une myriade de partis politiques avec différentes sensibilités qu’il faut aller convaincre. De même, la réforme des retraites a rebattu les cartes du dialogue social ", a-t-il fait remarquer.

D’autant qu’il estime que les entreprises vont entrer dans une période compliquée au cours de laquelle "l’Etat va devoir baisser les dépenses publiques, ce qui rendra difficile la poursuite des baisses d’impôts", a-t-il souligné. Sans oublier la nécessaire décarbonation des entreprises qui, selon lui, doit "être auto-financée avec des hausses de prix finaux quand cela est possible et être soutenue par l’Etat pour les quelques secteurs qui en auront besoin ".

Pour l’heure, le président du Medef mâche déjà le travail de son futur remplaçant. Il travaille en effet activement à la préparation de la REF 2023, qui aura lieu les 28 et 29 août prochains et dont le thème sera "Foi en l’avenir ". "L’idée est de favoriser l’anti-déclinisme ", a expliqué Geoffroy Roux de Bézieux.

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