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Politique économique / Guillaume Cairou / Medef / Présidence du Medef / Elections

Politique économique
Guillaume Cairou / Medef / Présidence du Medef / Elections

exclusif Guillaume Cairou milite pour un choc entrepreneurial / Un œil nouveau pour faire entrer le Medef dans le XXIème siècle

EXCLUSIF. S’il a certes déclaré sa candidature à la présidence du Medef tardivement, le fondateur de Didaxis et président de la CCI des Yvelines a bon espoir de réunir les parrainages suffisants pour se qualifier, ce vendredi, dans la phase finale de la campagne. D’autant que ce libéral, proche du terrain, veut représenter les millions de TPE-PME qui regrettent souvent que leur réalité ne soit pas mieux prise en compte au niveau national.
Guillaume Cairou, candidat à la présidence du Medef (crédit : Studio Booke)
Guillaume Cairou, candidat à la présidence du Medef (crédit : Studio Booke)

Guillaume Cairou veut casser les codes. "Ma candidature à la présidence du Medef est volontariste, à l’image d’un entrepreneur qui prend des risques. Le mouvement reste impopulaire dans un contexte où les chefs d’entreprises rassemblent pourtant encore 88 % d’opinions favorables auprès du grand public ", déclare l’homme de 50 ans dans un entretien accordé à WanSquare.

Probablement déçu du manque de candidatures et d’un match qui, selon lui, "est donné joué d’avance, un match retour de 2018 opposant d’un côté Patrick Martin et l’autre Dominique Carlac’h, tous deux actuellement aux commandes du Medef", il a donc eu envie "de porter la voix des 4,1 millions de chefs d’entreprise en France qui ne se sentent pas entendus, et notamment les nouveaux entrepreneurs, par la première organisation patronale et premier écosystème d’entreprises de France, encore trop perçu comme un club de notables". "Notre marge de progression est donc grande face aux 190 000 adhérents du Medef ", explique-t-il.

 

Rétablir le dialogue social

 

Entrepreneur lui-même, Guillaume Cairou a fondé en 2004 Didaxis, ETI spécialisée dans le portage salarial. " Je souhaite apporter un regard nouveau sur une organisation qui doit se renouveler, se moderniser et entrer dans le XXIème siècle", juge-t-il. Issu d’un Medef de territoire, celui des Yvelines, et président du pôle éducation, emploi et formation, il s’agace du décalage entre "les sujets qui sont censés être portés par le Medef national et la réalité de terrain des chefs d’entreprises". "La communication autour de la réforme des retraites a été catastrophique. Je pense que nous avons raté un rendez-vous majeur pour le dialogue social dans notre pays. Nous aurions dû débattre du vrai sujet de fond qui est le rapport au travail. Celui-ci a été profondément bouleversé au cours des cinq dernières années. Tout découle de la façon dont nous voulons travailler demain. Il aurait été possible ensuite d’aborder le sujet des retraites ", constate-t-il.

Même chose concernant l’accord national interprofessionnel sur le partage de la valeur. " Il s’agit effectivement d’un problème pour les entreprises qui n’ont pas mis en place de dispositif d’intéressement ou de participation mais il ne faut pas oublier que la taille moyenne des sociétés françaises est d’un peu plus de deux salariés. Or, le projet de loi Plein emploi va mettre en place un dispositif législatif qui est certes louable pour des millions de salariés mais qui n’est qu’un exemple de plus de l’inflation normative que subissent les entreprises. Il va venir complexifier encore davantage la création de valeur des sociétés qui ont vu leurs factures énergétiques exploser, qui doivent répondre à des problématiques de transition énergétique et numérique et qui ont, ne l’oublions pas, des prêts garantis par l’Etat (PGE) à finir de rembourser ", alerte Guillaume Cairou.

 

Restaurer les profits des TPE-PME

 

Pour lui, la solution est pourtant simple : " Il faut libérer l’entreprise et faciliter l’entrepreneuriat pour que les entreprises soient compétitives ". S’il est élu le 6 juillet prochain à la présidence du Medef, il connait déjà son premier combat. "Il nous faudra restaurer les marges et les profits des TPE-PME qui sont aujourd’hui parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. La cause ? La France a les prélèvements obligatoires et les charges sociales les plus élevés. Dans un contexte où nous devons regagner notre souveraineté économique et réindustrialiser nos territoires, notre pays a donc besoin d’un véritable choc entrepreneurial pour que les profits d’aujourd’hui soient les investissements de demain et les emplois d’après demain ", se plaît à formuler Guillaume Cairou.

Un choc qui reposerait sur trois piliers : l’emploi, "avec un apprentissage et des formations de reconversion pro-entreprises adaptées à l’économie d’aujourd’hui", souligne-t-il ; la croissance qui doit, selon lui, reprendre les codes de "la politique de l’offre, bien connue sous le mandat de Pierre Gattaz et qui grâce au pacte de compétitivité avait donné une grande bouffée d’air frais à l’ensemble du tissu économique des TPE-PME", et, enfin, la modernisation du dialogue social. "Le Medef doit être capable de travailler avec l’ensemble des parties prenantes, telles que la CPME, pour former un véritable front patronal uni capable de rassembler au-delà des sujets propres de notre mouvement", plaide-t-il.

Et pour le président de la chambre de Commerce et d’Industrie des Yvelines rassemblant 143 000 entreprises, les secteurs des services et de l’industrie doivent également travailler main dans la main. "Les débats sur les clivages industrie-services sont surannés. L’important est d’être compétitif face à l’IRA américain et de favoriser le dialogue au niveau européen pour attirer les entreprises et notamment celles du digital et les plus vertes", affirme-t-il.

Un rassembleur pour le bien de l’économie française qui possèderait, selon ses dires, plusieurs qualités pour incarner "le Medef de demain". "En 2009, j’ai créé le Club des entrepreneurs qui fédère 24 000 chefs d’entreprises en France. Je suis aussi à l’origine de l’Observatoire du travail indépendant que je préside depuis 2018 et qui réunit des experts reconnus de la vie économique de notre pays tels que Sophie Thiery, présidente de la Commission Travail et Emploi au Conseil économique social et environnemental, les ministres Alain Griset et Olivia Grégoire ainsi que Marylise Léon, future secrétaire générale de la CFDT", souligne Guillaume Cairou.

 

Démarche volontariste

 

Pour l’heure, l’homme se veut confiant. Alors qu’il a déclaré sa candidature tardivement, le 17 avril dernier, et que la validation des candidatures à la présidence sera dévoilée ce vendredi, Guillaume Cairou croit en ses chances d’atteindre la phase finale de la compétition. "L’élection est devenue plus opaque avec le changement de règlement concernant l’obtention des parrainages. Ce nouveau système est faussement démocratique et nuit à la la modernisation du Medef. Cependant, j’ai obtenu les parrainages de plusieurs fédérations et les retours sur le terrain sont très positifs. Ma démarche volontariste dans l’intérêt général a été très bien accueillie. Je suis donc plutôt confiant même si le système a été largement verrouillé", constate-t-il.

Pour rappel, en vertu du nouveau règlement du Medef, chaque prétendant doit réunir 150 parrainages (sur 550 membres de l’assemblée générale) pour voir sa candidature validée vendredi prochain, et non plus 50 comme lors de l’élection précédente, en 2018. "Il va falloir ensuite peser dans la campagne et rentrer vraiment dans les débats de fond. Et autant vous dire que je compte bien faire entendre ma voix", assure-t-il.

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