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Stellantis / TotalEnergies / ACC / Automotive Cells Company / batteries / gigafactory

La gigafactory de Stellantis et TotalEnergies bientôt en route / Derrière la technologie, l’enjeu stratégique

La première "gigafactory" de batteries en France inagurée par Stellantis, TotalEnergies et Mercedes constitue un défi industriel de taille, tant en termes de maîtrise des coûts, de courbe d’apprentissage que de souveraineté.
Patrick Pouyanne, le directeur général de TotalEnergies visite la gigafactory d'Automotive Cells Company (ACC), lors de son inauguration in Billy-Berclau-Douvrin - PASCAL ROSSIGNOL / POOL / AFP)
Patrick Pouyanne, le directeur général de TotalEnergies visite la gigafactory d'Automotive Cells Company (ACC), lors de son inauguration in Billy-Berclau-Douvrin - PASCAL ROSSIGNOL / POOL / AFP)

La souveraineté européenne dans le domaine des batteries électriques est en marche. Trois ans après sa création, Automotive Cells Company (ACC), la société co-détenue par Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, a inauguré mardi la première gigafactory française et européenne d'Automotive Cells Company (ACC). La première des trois gigafactories que la joint-venture a prévu de construire sur le continent. Un événement dont l’importance stratégique a été soulignée à juste titre par le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui a salué la création de cette nouvelle filière industrielle par la France et l’Europe, une "première depuis Airbus".

L’usine, dont la construction a démarré au début de l’année dernière, devrait être mise en service d’ici la fin de l’été avec une capacité de production initiale de 13 gigawatt-heure (GWh), avant l’installation de nouvelles lignes de production qui porteront la capacité totale du site à 40 GWh d’ici 2030.

A horizon 2030, ACC vise une capacité de production annuelle de 2,5 millions de batteries sur ses trois gigafactories européennes, située à Billy-Berclau-Douvrin (France), Kaiserslautern (Allemagne) et à Termoli (Italie). Les usines allemande et italienne, également dotées d'une capacité de 40 GWh chacune, devraient débuter la production de batteries à partir de 2025 et 2026 respectivement.

Il s’agit ainsi d’un élément clé de la feuille de route du groupe dirigé par Carlos Tavares, le patron de Stellantis, d’atteindre une capacité de fabrication de batteries de 250 GWh en Europe d’ici 2030. Le dirigeant a d’ailleurs profité de l’inauguration de l’usine pour rappeler le " calendrier mondial ambitieux " de l’entreprise afin de développer des batteries de véhicule électrique " en mesure d’alimenter son plan d’électrification ".

 

La nécessaire maîtrise des coûts

 

Le constructeur automobile aux quatorze marques, dont 24 véhicules électriques sont désormais sur le marché, compte avoir pratiquement doublé ce nombre d’ici 2024 pour atteindre 47 BEV (véhicules électriques avec batterie). La cible étant la commercialisation de plus de 75 BEV dans le monde et la vente de 5 millions de véhicules électriques à l’horizon 2030.

Y parvenir nécessitera, parallèlement à la montée en puissance des capacités de production, de pouvoir continuer à se faire une place sur un marché du véhicule électrique dont la concurrence se durcit, à l’image de la succession de baisses de prix imposées par le leader américain Tesla.

Sur ce plan, la coentreprise ACC constitue un atout. Elle permettra à ses copropriétaires "à la fois de disposer localement de la quantité de batteries nécessaires à la croissance de leurs ventes BEV mais aussi d’accroître significativement leur maitrise de ce poste clé dans leur structure de coûts, y compris sur le plan technologique", souligne le cabinet Oddo BHF.

Mais Carlos Tavares en est conscient, commencer "l'apprentissage de la production à fort volume de cellules de batterie" ne se fera pas sans devoir résoudre de nombreux problèmes, a-t-il prévenu, comptant sur la "capacité d'apprentissage" de ses équipes pour y faire face. Tandis que le président-directeur général de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, soulignait de son côté la nécessité de rendre cette usine "compétitive" face à la concurrence chinoise.

En tout cas, les investissements importants engagés dans l’électrification de la gamme de Stellantis – la "gigafactory" de Billy-Berclau-Douvrin aura coûté environ 800 millions d’euros - ne fragilisent aucunement sa situation financière, dont la solidité a été saluée mercredi par Moody's. L’agence a relevé la perspective associée à la note à long terme Baa2 du constructeur automobile. Un changement de perspective reflétant "les progrès continus de Stellantis en termes d'amélioration des marges et de levier d’endettement".

Et tandis que la société va continuer d'investir dans le renouvellement de sa gamme, en mettant de plus en plus l’accent sur les véhicules électriques à batterie et hybrides rechargeables, la forte génération de trésorerie actuelle de Stellantis et sa capacité de financement  "équilibrent ces besoins d'investissement " assure l’agence.

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