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L’Europe rattrape son retard technologique sur les États-Unis / Des progrès considérables mais encore insuffisants
Avec la pandémie, les entreprises européennes ont redoublé d’efforts pour accélérer leur transition numérique, au point de combler presque intégralement leur retard avec les États-Unis, selon la Banque européenne d’investissement (BEI).
L’année dernière, 69 % des entreprises de l’Union européenne (UE) ont adopté des technologies numériques de pointe, comme la robotique avancée, l’analyse de mégadonnées et l’intelligence artificielle, contre 71 % pour leurs homologues américaines. Un écart qui s’est progressivement réduit au cours des quatre dernières années (58 % contre 69 % en 2019), explique la BEI dans son dernier rapport sur le sujet.
En outre, plus de la moitié des firmes du Vieux continent (53 %) ont engagé en 2022 des mesures pour renforcer leur présence numérique, par exemple en offrant des services en ligne, rattrapant sur ce point également leurs homologues américaines, souligne la BEI qui a mené l’enquête auprès de quelque 12 800 entreprises.
Une performance d’autant plus louable que "l’Europe a beaucoup à gagner d’une numérisation améliorée", rappelle l’institution de financement de l’UE, qui considère que "la numérisation renforce la résistance des entreprises aux perturbations économiques".
La France à la traîne
Pour autant, malgré les progrès accomplis, l’UE reste encore mal positionnée en matière d’innovation numérique, au risque de développer des dépendances dans plusieurs technologies essentielles dans le futur. Elle donne aussi parfois le sentiment d’une Europe à deux vitesses, partagée entre les régions dotées des meilleures infrastructures, d’un accès Internet haut débit, d’une main-d’œuvre qualifiée et le reste.
Mauvais élève, la France pèse assez lourdement dans la balance avec des entreprises moins promptes à adopter des technologies numériques avancées que la moyenne européenne (56 % contre 69 %), qui ont également eu plus de mal à enclencher une véritable transition numérique à la suite du Covid-19 (43 % contre 53 %). À l’inverse les pays scandinaves, la Belgique et l’Allemagne jouent le rôle de locomotive dans la course qui les oppose aux États-Unis.
Les très petites entreprises, elles aussi, affichent des taux d’engagement dans la transition numérique plutôt décevants, par rapport à ce que l’on retrouve outre-Atlantique. Elles sont seulement 30 % à considérer ce sujet comme prioritaire contre 62 % chez les grandes entreprises.
Le numérique, un atout pour l’environnement
Le rapport de la BEI montre que le commerce joue un rôle essentiel dans cette transition, car les entreprises actives dans les échanges internationaux adoptent plus fréquemment des technologies numériques avancées.
De telles technologies pourraient, en outre, aider à relever les défis environnementaux que représentent, par exemple, la mobilité urbaine intelligente, l’agriculture de précision et les chaînes d’approvisionnement durables, contribuant ainsi à réduire les émissions et à faciliter la transition vers une économie plus verte.
Les entreprises à la pointe du numérique sont en effet plus enclines à investir dans des mesures visant à lutter contre les changements climatiques : 57 % de ces entreprises ont déjà investi en ce sens, contre 43 % des entreprises non numériques, conclut la BEI qui souligne "le potentiel de la transformation numérique à l’appui de la transition vers une économie plus durable".
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