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Macro-économie / Taux / croissance mondiale / Banque Mondiale

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croissance mondiale / Banque Mondiale

krach La Banque mondiale relève sa prévision de croissance planétaire / Pointant des aléas baissiers, elle présente deux autres scénarios

KRACH BANCAIRE. Si la Banque mondiale a relevé de 0,4 point sa prévision de croissance du PIB mondial pour 2023, elle a souligné que les aléas demeuraient de nature baissière. Elle s’est entre autres penchée sur les retombées qu’aurait un emballement du stress financier.
Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale - Money SHARMA / AFP
Ajay Banga, président du groupe de la Banque mondiale - Money SHARMA / AFP

"L’économie mondiale est dans une position précaire". Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du Groupe de la Banque mondiale, n’a pas fait montre d’optimisme à l’occasion de la publication des nouvelles prévisions de l’institution de Washington bien que cette dernière ait apporté au moins une bonne nouvelle.

En effet, elle a annoncé réviser à la hausse de 0,4 point sa prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) mondial : elle s’établit désormais à 2,1 % (après 3,1 % en 2022). "La croissance dans plusieurs grandes économies a été plus forte que prévu au début de l’année, avec une réouverture économique plus rapide qu'anticipé en Chine et une consommation résistante aux États-Unis", expliquent les équipes de la Banque mondiale, qui avancent que les aléas entourant leur prévision demeurent baissiers. Parmi ces derniers figure notamment le stress financier.

"L’effondrement de plusieurs banques cette année met en évidence la possibilité d’autres faillites désordonnées, qui pourraient conduire à des crises bancaires systémiques et à des pertes économiques prolongées", lit-on dans le rapport de la Banque mondiale.

Dans son scénario central, la Banque mondiale a fait l’hypothèse que les conditions de crédit dans les économies avancées devraient continuer à se détériorer pendant le reste de l’année, dans un contexte de resserrement des politiques monétaires, et rester tendues au-delà. Elle a toutefois examiné deux autres trajectoires où les conditions de crédit se dégraderaient davantage.

 

Deux alternatives

 

Dans son premier scénario alternatif est supposé que les tensions bancaires entraîneraient un grave resserrement du crédit, mais resteraient largement contenues dans les économies avancées.

"Les conditions financières - telles que modélisées par l’aversion au risque des investisseurs, l’élargissement des écarts de rendement des entreprises et des titres souverains, et la baisse de la confiance - se resserreraient considérablement plus que le niveau modéré supposé dans le scénario de référence, s’aggravant d’environ 30 pour cent comme cela a été le cas dans les économies avancées pendant la crise financière mondiale de 2007-2009 ", précisent les économistes de la Banque mondiale. Les retombées pour les économies émergentes et en développement (EMDE) seraient limitées. En effet, tout au plus assisterions-nous à une "légère" augmentation de l’aversion au risque, un affaiblissement de la confiance et des sorties de capitaux.

Selon ce scénario, le PIB mondial augmenterait de 1,9 % en 2023 et de 1,3 % en 2024, en conséquence de quoi il serait inférieur de 1,3 % au niveau prévu l’an prochain.

Dans le second scénario imaginé à Washington, les tensions bancaires se propageraient bien plus largement. Si les conditions financières dans les économies avancées sont supposées se détériorer toujours de 30 %, ce sont leurs interactions avec les vulnérabilités préexistantes des EMDE qui changeraient la donne.

Au sein de ces points faibles, on trouve entre autres la sous-capitalisation des banques et les niveaux élevés de la dette publique et privée. "Les EMDE souffriraient d’un affaiblissement de la confiance des consommateurs et des entreprises, et d’une augmentation des coûts d’emprunt des entreprises et des consommateurs équivalant à environ un tiers du choc observé lors de la crise financière mondiale, ainsi que d’un affaiblissement significatif du commerce international", anticipe la Banque mondiale.

Résultat : si la croissance mondiale tiendrait relativement le choc cette année pour s’afficher à 1,8 % en 2023, elle dégringolerait à 0,3 % en 2024. "Ce scénario entraînerait une contraction du PIB mondial par habitant l’année prochaine, ce qui impliquerait une récession mondiale", fait remarquer le rapport de la Banque mondiale.

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