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Casino / Daniel Kretinsky / Marc Ladreit de Lacharrière / Fimalac
Casino s’efforce de préserver ses liquidités / Un accord avec les créanciers est espéré d’ici la fin juillet
Cela va faire un mois que s’est ouverte la conciliation au bénéfice de Casino et de ses filiales dont Monoprix et Franprix, décidée par le président du tribunal de commerce de Paris pour donner un cadre juridiquement sécurisé aux discussions entre le distributeur et ses créanciers.
Et si ceux-ci ont encore en théorie jusqu’au 25 septembre, voire jusqu’au 25 octobre au plus tard pour parvenir à un accord, le groupe Casino et les conciliateurs, Aurélia Perdereau de Thévenot Partners et son confrère Marc Sénéchal de BTSG, souhaitent aller plus vite. Ils "ont pour objectif commun de parvenir à un accord de principe avec les principaux créanciers sur la restructuration de la dette financière du groupe d’ici la fin du mois de juillet", a annoncé Casino mercredi soir.
La célérité est de mise en effet étant donné les besoins croissants en liquidités de l’entreprise, à mesure que diminue le nombre d’actifs non essentiels susceptibles d’être vendus pour compenser la consommation de trésorerie opérationnelle. Afin de renforcer sa liquidité, Casino a d’ailleurs annoncé jeudi le lancement de la cession de sa participation résiduelle de 11,7 % dans le distributeur brésilien Assaí. Le groupe avait déjà procédé à la cession de 10,4 % de sa participation en novembre dernier, récupérant alors 140,8 millions d’euros.
500 millions d’euros
En parallèle, préserver ces mêmes liquidités est essentiel. C’est ainsi que Casino a obtenu de l’Etat français le report des paiements des charges fiscales et sociales pour un montant de 300 millions d’euros, a également annoncé le groupe. De façon logique eu égard au statut de créancier privilégié de l’Etat, ces dettes fiscales et sociales, dont la société s’acquittera à la date de la réalisation de la restructuration financière, bénéficient d’un nantissement de premier rang.
D’autre part, les conciliateurs vont solliciter dans les prochains jours de la part de l’ensemble des créanciers financiers de Casino et de ses filiales la suspension du paiement des intérêts et autres commissions qui leur sont dus, soit environ 130 millions d’euros. Ils demanderont également la suspension du paiement des échéances en principal pour un montant de près de 70 millions d’euros. Il sera également demandé aux créanciers concernés de renoncer à exiger le remboursement anticipé de leur créance en cas de défaut lié à la suspension de ces paiements ou si les covenants financiers venaient à ne plus être respectés aux 30 juin 2023 et 30 septembre 2023.
Soit en tout, 500 millions d’euros de taxes et intérêts dont le paiement pourrait être reporté. Et permettre des discussions sous une pression financière un peu moins forte, alors que les deux propositions de recapitalisation concurrentes présentées à ce jour laissent augurer des décotes importantes pour les détenteurs d’obligations non garanties, et une dilution importante des actionnaires existants.
Fimalac monte à 12 % du capital
D’un côté, Casino a reçu une lettre d’intention de la part de Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari relative à une proposition de renforcement de ses fonds propres à hauteur de 1,1 milliard d’euros, dont 200 millions à 300 millions d’euros seraient investis directement par les trois hommes d’affaires au travers de la structure 3F qu’ils ont spécialement créée dans ce but. De l’autre, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky avait proposé fin avril d’injecter, avec d’autres actionnaires, jusqu’à 1,1 milliard d’euros également dans le distributeur. Deux projets entre lesquels les créanciers se décideront en fonction de leurs propres intérêts. A moins que Bercy ne brandisse l’argument national, comme lorsque Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique s’était opposé en 2021 au rapprochement entre Carrefour et le canadien Couche Tard au nom de la "souveraineté alimentaire". Le fait est que la structure 3F est française alors que Daniel Křetínský ne l’est pas.
Il se pourrait néanmoins que l’homme d’affaires tchèque soit rejoint par Fimalac, la société de Marc Ladreit de Lacharrière, alors que celle-ci a confirmé étudier une éventuelle participation pour un montant de 150 millions d’euros à la proposition de renforcement des fonds propres de la société EP Global Commerce de Daniel Kretinsky. Après conversion en actions Casino d’une dette obligataire de la holding Rallye, Fimalac vient d’ailleurs de monter à 12,05 % du capital de Casino, en devenant ainsi le deuxième actionnaire.
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