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Commission européenne ; Sécurité économique ; Investissements étrangers ; Concurrence ; Compétitivité ; Exportations ; Contrôle ; Bruxelles

Politique européenne / commission européenne / Sécurité économique / investissements étrangers

Politique européenne
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Les Européens cherchent à renforcer leur sécurité économique / Un exercice d’équilibriste pour s’affirmer sur l’échiquier mondial

Bruxelles s’engage dans le renforcement de sa sécurité économique, qui passe notamment par un contrôle renforcé des investissements étrangers sur le sol européen. Une question épineuse à cause des désaccords entre Européens mais également en raison du manque de compétence de l’Union.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (Dursun Aydemir/Anadolu Agency via AFP)
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne (Dursun Aydemir/Anadolu Agency via AFP)

La Commission définissait cette semaine les contours d’une stratégie européenne en matière de sécurité économique. Sujet politiquement explosif tant les avis divergent sur la question au sein de l’Union, Bruxelles met les pieds dans le plat en jetant les bases d’un débat stratégique avec les Vingt-Sept qui sera discuté au Conseil européen à la fin du mois. Si les échanges promettent d’être houleux, l’Europe dispose enfin de l’opportunité de mettre à jour son logiciel économique.

Figurent à l’ordre du jour le contrôle renforcé des investissements étrangers au sein de l’UE et des exportations de biens sensibles hors des frontières communautaires mais aussi la surveillance accrue des investissements des entreprises européennes dans des pays tiers qui faciliteraient des fuites de technologies. En somme, il s’agit de définir une approche globale pour recenser, évaluer et gérer en commun les risques pour la sécurité économique du Vieux Continent.

 

Aller plus loin

 

Certes, les Européens ne sont pas restés les bras croisés ces dernières années face à la menace chinoise, russe et, dans un sens, américaine. Ils ont multiplié les aides d’État aux secteurs stratégiques, comme ceux des technologies propres ou des semi-conducteurs. Ils ont aussi pris plusieurs mesures défensives : un cadre pour le filtrage des investissements directs étrangers, un autre pour le contrôle des exportations de biens à double usage (civil et militaire), un règlement pour promouvoir la réciprocité dans l’accès aux marchés publics, une législation pour lutter contre les importations sur son sol de biens dopés aux subventions de pays tiers ou encore une taxe carbone aux frontières.

Aujourd’hui, Bruxelles propose aux Vingt-Sept d’aller plus loin, en prenant le sujet de la sécurité économique de front. Il s’agit d’abord d’identifier "nos dépendances excessives qui peuvent menacer notre sécurité au sens large du terme", explique Josep Borrell, le haut représentant de l’UE. Celles qui "peuvent être instrumentalisées par des pays tiers", ajoute la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager. Une fois ces risques identifiés, l’exécutif européen proposera des "mesures d’atténuation appropriées".

Sur un ton plus offensif, il s’agit aussi de continuer à soutenir la souveraineté technologique de l’UE, notamment sur la question des technologies critiques, tout en engageant un dialogue structuré avec le secteur privé afin de développer une compréhension collective de la sécurité économique et d’encourager les entreprises à s’engager davantage sur le sujet. La Commission souhaite également diversifier les partenariats commerciaux pour atténuer les risques d’instrumentalisation des dépendances économiques. À terme, l’objectif reste de promouvoir la compétitivité de l’UE, tout en renforçant le marché unique.

 

Difficile équilibre

 

L’équation s’annonce toutefois difficile à résoudre pour l’exécutif européen, partagé entre sa volonté de réduire au minimum les risques découlant de certains flux économiques dans le contexte d’aggravation des tensions géopolitiques et la nécessité de préserver la plus grande ouverture possible.

Le problème grandissant, qui se pose à toutes les économies du monde, est d’autant plus épineux en Europe que Bruxelles ne dispose pas, à proprement parler, de toutes les compétences qui lui permettraient d’agir efficacement. La sécurité économique, comme son nom l’indique, se bâtit sur deux piliers : l’économie, qui relève largement de la compétence de l’Union, et la sécurité, qui reste du ressort des États membres.

"Pour l’Union et ses États membres, la sécurité économique crée une difficulté structurelle qui s’ajoute à la difficulté conceptuelle à laquelle tous les autres acteurs sont confrontés", expliquait récemment Francesca Ghiretti, analyste au MERICS, au média "Le Grand Continent", d’autant plus qu’il n’existe pas de consensus, c’est le moins qu’on puisse dire, entre les Vingt-Sept sur la question.

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