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Casino / Zaouri-Niel-Pigasse / Daniel Kretinsky / Recapitalisation
Le trio Zouari-Niel-Pigasse et le groupe de Daniel Kretinsky ont déposé leurs offres sur Casino / Des informations "trompeuses" et "non comparables" commenceraient à circuler sur les montants en jeu
Le groupe Casino a annoncé, avant l’ouverture de la séance de bourse, avoir reçu deux propositions en vue du renforcement des fonds propres du Groupe. L’une émanant de EP Global Commerce a.s. et Fimalac, l’autre venant de 3F Holding, société créée par Moez-Alexandre Zouari, Xavier Niel et Matthieu Pigasse. Le groupe stéphanois a précisé que ces deux propositions seront analysées et présentées au comité ad hoc du Conseil d’administration de Casino ce jour, puis aux créanciers dans le cadre d’une réunion organisée le 5 juillet sous l’égide des deux conciliateurs. Cela signifie qu’aucune décision relative à ces propositions ne sera prise par les organes de gouvernance du Groupe tant qu’elles n’auront pas été présentées et discutées avec les créanciers sous l’égide des conciliateurs. Les principaux termes de chacune de ces propositions seront rendus publics à l’issue de la réunion avec les créanciers, soit mercredi 5 juillet après clôture.
Le groupe 3F Holding a rendu publiques les grandes lignes de son projet industriel et commercial de long terme accompagné de moyens financiers renforcés et d’un ancrage français confirmé. La particularité de cette offre est qu’elle est construite avec la participation d’une grande partie de créanciers sécurisés qui se sont engagés (committed) à apporter une partie des 900 millions d’euros que 3F Holding propose d’injecter en new money. Surtout cette offre bénéficie de la crédibilité du manager reconnu dans la grande distribution qu’est Moez-Alexandre Zouari. C’est notamment lui qui a bâti un plan de relance industriel et commercial visant à repositionner Casino afin de répondre aux attentes des consommateurs par l’innovation dans les concepts, les process et l’offre renouvelée. Par ailleurs tout cela est accompagné d’un business plan élaboré avec le cabinet 8Advisory.
S’agissant de l’offre de Daniel Kretinsky et de Fimalac, elle a été déflorée ce matin par une dépêche de BFM Business qui dès la seconde phrase affirme que "l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, associé à Marc Ladreit de Lacharrière, propose une augmentation de capital de 1,8 milliard d’euros pour renflouer le groupe Casino, un montant bien supérieur à ce qu’il avait proposé il y a environ deux mois." Il s’agit là d’une information susceptible d’être qualifiée de trompeuse dans la mesure où ce montant ne constitue pas un "commitment" mais une "target equity value". Le duo inclurait dans le montant indiqué et cité également par Bloomberg la souscription par des tiers à l’occasion de l’augmentation de capital et plusieurs centaines de millions d’euros de conversions de créances en actions. Alors même que les créanciers n’ont pas encore pris connaissance de leur plan. Si l’on commence à intégrer les montants probables, possibles, éventuels, crédibles, vraisemblables et surtout très incertains, tout devient possible… Surtout en matière de confusion !
Il est surprenant que l’Autorité des Marchés Financiers, les conciliateurs et le groupe Casino n’aient pas décidé de suspendre la cotation du titre qui s’envole de plus de 9 % après avoir perdu 42 % au cours des cinq dernières séances. Il est surtout surprenant que les parties prenantes à ce qui est l’une des plus importantes restructurations de la place financière de Paris – depuis Eurotunnel – laissent circuler des informations susceptibles de tromper la bonne foi d’actionnaires ou de créanciers. "Quand les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites" disait le sapeur Camembert. Nous y sommes hélas aujourd’hui.
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